Commentaire de l’évangile du 2e dimanche de Pâques B : “Divine miséricorde ?”


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Commentaire de l’évangile du 2e dimanche de Pâques B : “Divine miséricorde ?”
L'incrédulité de saint Thomas, Caravage, vers 1603.
Par Abbé Philippe Dupriez
Publié le - Modifié le
3 min

L’Evangile de ce jour raconterait-il le reliquat d’un éveil pascal révolu et des berlues et des apôtres? Emplis de nos parcours spirituels jusqu’à ce jour, attardons-nous comme eux au rond-point des choix du chemin à faire.

Pour les disciples tout a été sens dessus-dessous. Après le drame de la crucifixion du maître, à quoi et surtout à qui encore s’accrocher? Un Maître ressuscité, du jamais vu! Les apôtres qui nous fondent actuellement dans la Foi ne s’envolaient-ils pas vers d’ésotériques idées? Illusions ou incrustation dans une chaîne de libérations? Tensions déchirantes ou étourdissante nouvelle époque, une épopée sans pareil?

Le Maître, Christ, a manifesté qu’il est "vivant", mais qu’en penser? Est-ce pour les disciples, et pour nous aujourd’hui, un guet-apens moteur de dépression, de folie, de désintégration, d’effondrement, de désespoir terrestre? Par contre, si Jésus en ressuscité est corde qui nous est tendue, ne nous y agripperions-nous pas pour remonter les pentes de nos désarrois? Pourrions-nous nous configurer à Dieu si vivant plutôt que nous configurer à nos noires pensées univoques? Nos regards rivés à la distance du bout de nos nez, ce dont sont à preuves les GSM collés aux mains ou aux oreilles qui nous isolent physiquement de ceux qui nous entourent, en sont caractéristiques!

Venons goûter combien Jésus en communion avec le Père et son Esprit se donne en vent de l’Espérance et est éloigné d’espoirs successifs écrabouillés. Il prend le temps de nous enseigner pour devenir des vivants. Remarquez-en les étapes: au tombeau d’un passé déjà quasi scellé, Marie de Magdala estomaquée de la vie qui en émane, est envoyée aussitôt au moulin des informations à répandre urbi et orbi; voyez Jean le disciple polissé, venu au contrôle de véracité de la rumeur; puis voyez la conversion de Pierre le lourdaud marin aux mains crevassées à qui on n’en raconte pas et qui vient aux constats la tête bien posée sur les épaules; voyez encore l’ébahissement de ces proches de Jésus tout découragés s’en retournant du côté d’Emmaüs à leurs affaires anciennes.

N'était-ce qu’un amas de mirages insensés? Personne n’avait pu serrer le maître dans ses bras. Jésus ne nous échappe-t-il pas des doigts? N’y a-t-il pas motifs à douter avec tant de fausses vérités issues de réseaux sociaux vilement impertinents?

Pourtant, huit jours après la résurrection du maître, Jésus Sauveur des plus éloignés, ne prit-il pas une initiative en sus avec le plus incroyant, le disciple Thomas? "Si je ne touche pas …!" Et moi aujourd’hui alors qui lui suis si semblable à bien des niveaux, trop certain de ma raison il va de soi affinée et de mes sages perceptions, que ne suis-je logiquement un homme ou une femme qui tient le doute à respectueuse distance.

Et voici Jésus: il parle, agit, libère, envoie: "Recevez l’Esprit Saint… Thomas, avance ton doigt et vois mes mains … avance ta main, et mets-la dans mon côté…". Et maintenant que tu m’as vu et que tu crois, sache que sont "Heureux ceux qui croient sans avoir vu."

Dieu juste et Sauveur, en Jésus-Christ tu nous montres et manifestes ta divine miséricorde. Envoie-nous. Tu es la Vie, notre Vie, la Vie pour l’Humanité.

Abbé Philippe DUPRIEZ


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