Sauvons nos églises !


Partager
Sauvons nos églises !
© Adobe Stock
Par René-Michel de LOOZ-CORSWAREM
Publié le
4 min

Eléments incontournables de notre patrimoine, nos églises racontent notre Histoire. Et même si la pratique religieuse recule, elles se doivent d’être accessibles et entretenues car elles appartiennent à tous. Il est donc urgent de tout faire pour les sauvegarder, nous écrit René-Michel de Looz-Corswarem, président de Fabriques d’églises fusionnées. C’est une question de devoir vis-à-vis des générations futures.

Les églises de notre pays sont incontestablement un élément primordial de notre patrimoine immobilier et sociétal. Elles sont nombreuses et ont toutes répondu à un moment à une demande de nos populations. Le Patrimoine fait une Nation car il rappelle nos racines et pour nous, c’est notre Histoire judéo-chrétienne.
Il s’agit bien plus qu’un patrimoine local. En raison de la mobilité sociale, il doit rester accessible à tous et pas seulement aux villageois ou gens du quartier où il est érigé. Il n’y a pas que nos communautés chrétiennes locales qui souhaitent les conserver en bon état, énormément de personnes laïques ou sans confession religieuse y sont aussi attachées. Ce sont les amateurs du patrimoine, ceux et celles qui y associent des moments de deuils ou heureux d’eux-mêmes ou de leurs parents et amis, ceux aussi qui aiment y entrer pour simplement se reposer un instant, s’abriter, selon les saisons, du chaud ou du froid, pour méditer. Pas besoin d’abonnement pour entrer dans nos églises, il suffit de pousser la porte de celles qui sont ouvertes. Pour preuves de cet attachement, il suffit de lire les messages des visiteurs dans les livres d’or ou contestations de la population chaque fois qu’on menace de raser ou de réaffecter LEUR église. Et ce, même s’ils ne sont pas ou peu concernés par la foi.

L’argent existe!

Les autorités locales et responsables de Fabriques d’églises sont très nombreux à souhaiter que ces édifices restent ouverts aussi souvent que possible. Malheureusement, les petites paroisses manquent de volontaires pour les surveiller et éviter le vandalisme ou les vols. On commence à trouver des solutions telles que l’installation de caméras, de vitrines sécurisées, etc., mais tout cela a un coût! Certains disent que ces risques sont encore plus grands quand les églises sont fermées et que les malfrats savent qu’ils ne risquent pas d’être repérés à tout instant par un visiteur!
Je ne nie pas que l’entretien de ce patrimoine peut représenter une charge très lourde pour certaines administrations. J’admire ces bourgmestres qui cherchent et trouvent les moyens de financements nécessaires. Je rappelle qu’un entretien annuel des toitures, corniches, peintures intérieures… en "bon père de famille" évite souvent des coûts multipliés par dix s’ils ne sont pas faits à temps. Il y a certainement des budgets inutilisés tant au Fédéral qu’à la Région. L’argent existe, mais encore faut-il vouloir l’utiliser à cet effet et recourir aux mécanismes de financements appropriés.

Ouvrir les portes

Toutes nos églises ont été bâties à l’origine pour célébrer le culte religieux. Cependant, la pratique religieuse s’est estompée chez nous ces dernières décennies. Ce n’est certainement pas la première fois que ce phénomène se produit depuis les débuts du christianisme il y a plus de 2000 ans; et personne ne peut honnêtement prétendre que cette situation est irréversible. En ces temps troublés par les guerres et par les mutations brutales de nos valeurs, nous sentons déjà un frémissement de nouvelles fréquentations de citoyens inquiets ou en recherche de spiritualité. En attendant ce retour en force, nous devons apprendre à ouvrir plus grand les portes de ces édifices en y organisant des activités compatibles avec leur consécration d’origine. On pourra penser à des conférences, des colloques, des concerts classiques, à certaines expositions… mais, par respect du lieu, pas à des soirées dansantes, des bars, ou autres concerts rock!

La question que je me pose est de savoir comment conscientiser concrètement les Fabriques d’églises, les administrations communales, les responsables nationaux et régionaux du patrimoine et… les citoyennes et citoyens de l’importance de cette sauvegarde et de son urgence. Il y a bien le Cipar qui offre aide et conseils aux Fabriques pour faire vivre leur patrimoine et aussi Le site Eglises Ouvertes – Open Churches qui fait déjà du bon boulot chez nous. Mais si nous avons un Stéphane Bern parmi nous, qu’il se manifeste, qu’il crée un site web, lance le processus… Il sera très suivi, car voyez comme la France aime son patrimoine et le montre à travers ses innombrables reportages si intéressants!
Aujourd’hui, il ne suffit plus de regretter ou d’être nostalgique devant le déclin de ce patrimoine, il est temps d’agir. C’est notre rôle de passeurs aux générations futures. C’est mon souhait pour 2024 et les années qui suivront.

René-Michel de LOOZ-CORSWAREM

Catégorie : Opinions

Dans la même catégorie