Alexeï Navalny : Sa mort «étonnante» «remplit de tristesse», déclare le secrétaire d’État du Saint Siège


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Alexeï Navalny : Sa mort «étonnante» «remplit de tristesse», déclare le secrétaire d’État du Saint Siège
L'opposant Alexei Navalny lors d'une marche à la mémoire de l'homme politique Boris Nemtsov, tué en Russie. © Michał Siergiejevicz, CC BY 2.0
Par Vatican News
Publié le
4 min

Le dissident était âgé de 47 ans. Il est décédé dans la colonie pénitentiaire arctique n° 3, où il était détenu depuis 2021 et purgeait une peine de 19 ans de réclusion. En marge d'une messe célébrée à Rome, le cardinal Pietro Parolin a brièvement commenté la mort de l'activiste russe.

Le dissident et opposant russe Alexeï Navalny est décédé à l'âge de 47 ans dans la "Colonie pénitentiaire arctique IK-3", la prison de haute sécurité située au-delà du cercle polaire arctique où il était détenu depuis près de trois ans. Selon l'administration pénitentiaire russe, qui a annoncé son décès, Alexeï Navalny a été victime d’un malaise après une promenade et les tentatives de réanimation du personnel médical sont restées vaines.

Le président russe Vladimir Poutine a été informé, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, mais n'a fait aucun commentaire. Une commission de l'administration pénitentiaire russe a été envoyée dans la prison surnommée "Arctic Wolf" pour établir les faits et mener une enquête sur sa mort.

Une peine de 19 ans de prison

Alexeï Navalny était détenu depuis janvier 2021 et purgeait une peine de 19 ans de prison. Dans son dernier message sur la plateforme X, daté du 14 février, il indiquait avoir été placé en cellule de punition pour la quatrième fois en deux mois, et qu'il y resterait quinze jours. Né en 1976, marié et père de deux enfants, l’opposant russe a émergé en 2008 avec un blog dénonçant la corruption du gouvernement et du pays. A la tête des manifestations en 2011 contre le parti "Russie unie" de Vladimir Poutine et candidat à la mairie de Moscou en 2013, il a fait l'objet de dizaines d'inculpations et son journal, la "Fondation anti-corruption" -dont les vidéos continuent de faire des millions de vues- est considéré comme une organisation extrémiste.

Récompensé par le prix Sakharov pour la liberté d'expression décerné par le Parlement européen en 2021, Alexeï Navalny avait survécu un an plus tôt à une tentative d'empoisonnement qui n'a jamais été totalement élucidée.

Réaction du Saint-Siège

En marge d’une messe célébrée vendredi soir à Rome pour le 106ème anniversaire de la restauration de l'État de Lituanie, le cardinal Pietro Parolin a commenté la mort du dissident russe. Sa mort est «étonnante» et «remplit de tristesse», a déclaré le secrétaire d’État du Saint Siège. «Je pensais que cela aurait pu être résolu différemment», a ajouté le cardinal répondant aux journalistes.

À la question de savoir si cet événement modifie la position du Saint-Siège à l'égard de la Russie, Mgr Parolin a répondu : "Il est prématuré de dire de telles choses… Nous venons juste de l'apprendre".

Réactions internationales

Sa mort a été qualifiée d'assassinat par le prix Nobel de la paix, le russe Dimitri Mouratov, rédacteur en chef de Novaja Gazeta, le journal d'Anna Politkovskaïa. Au niveau international, de nombreuses condoléances ont été adressées à la famille de M. Navalny et des accusations ont été lancées contre le Kremlin. La Russie est «responsable» de la situation qui a conduit à la mort de l'opposant Alexeï Navalny, a déclaré le secrétaire d'État américain Antony Blinken. «Dans la Russie d'aujourd'hui, les esprits libres sont enfermés dans des goulags et condamnés à mort. La colère et l'indignation'», a commenté le président français Emmanuel Macron. «La mort de Navalny nous rappelle qui est Poutine», a déclaré Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, s'alignant ainsi sur les propos de la majorité des gouvernements occidentaux. Pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky, «il est évident» que le dissident a été tué par Poutine.

Réactions de Moscou

Le ministère russe des affaires étrangères a quant à lui appelé dans un communiqué les États-Unis à faire preuve de retenue et à attendre les résultats de l'examen médical avant de commenter la nouvelle de la mort de M. Navalny. «Au lieu de lancer des accusations générales, il aurait fallu faire preuve de retenue et attendre les résultats officiels de l'examen médico-légal», peut-on lire dans la note ministérielle. La porte-parole Maria Zakharova a ajouté sur Telegram: «La réaction immédiate des dirigeants de l'OTAN à la mort de M. Navalny, sous la forme d'accusations dirigées contre la Russie, montre la nature de ces pays. Il n'y a pas encore d'examen médico-légal, mais les conclusions de l'Occident sont prêtes».

Vatican News (texte et chapô : CathoBel)


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