Miracle, chandelier et lumières : Hanoucca illumine la Belgique dès aujourd’hui !


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Miracle, chandelier et lumières : Hanoucca illumine la Belgique dès aujourd’hui !
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Ce soir, les festivités de Hanoucca débutent en Belgique et dans le reste du monde. Mais que signifie cette fête ? L'année passée, Albert Guigui, grand rabbin de Bruxelles, signait un texte dans le journal Dimanche intitulé "Garder les yeux ouverts". Une méditation d'une page, à destination du public chrétien, dans laquelle il pointait les similitudes et différences entre Hanoucca et la fête de Noël. L'occasion pour Juifs et Chrétiens de constater "qu'une même symbolique, associée à la victoire sur les ténèbres, relie les deux traditions." Retrouvez ci-dessous les passages les plus éclairants.

Les fêtes de Noël et Hanoucca célèbrent chacune à leur manière la lumière. Les Juifs allument la Hanoukkia (candélabre à neuf branches) chaque soir durant huit jours. Pour les Juifs, Hanoucca est un miracle, le miracle d'une fiole d'huile sacrée qui n'avait pas été souillée par le culte idolâtre des païens, tandis que Noël fête la naissance du Christ qui, pour plus de deux milliards et demi de chrétiens, donne depuis deux mille ans un sens à leur vie.

Les chrétiens, après les quatre semaines de l’Avent où sont également allumées des bougies, accrochent des lampes qui illuminent les sapins. Ils consomment des "bûches", de Noël à Nouvel an, soit durant huit jours également. Cette concordance est-elle pur hasard? Non. Certes, pour les Juifs, il s’agit de se référer à l’événement du rallumage du candélabre du Temple de Jérusalem en 164 avant J-C., après avoir été repris aux Grecs qui l’avaient souillé par un culte idolâtre. Tandis que pour les chrétiens, c’est la naissance lumineuse du Christ qui est au cœur de la célébration. Aucun rapport, en apparence. Néanmoins, par-delà la signification propre à chacune des religions, une même symbolique associée à la victoire sur les ténèbres relie les deux traditions.

Profusion de lumière

Alors que nos amis chrétiens célèbrent la fête de Noël et illuminent leurs foyers de mille feux, chaque Juif à la tombée de la nuit allume la huitième bougie de Hanoucca. Nous le faisons en posant le chandelier devant les fenêtres afin que les lumières soient visibles de l’extérieur, c’est-à-dire depuis la rue.

Cette profusion de lumière véhiculée à la fois par les Juifs et les chrétiens est celle d’un partage de lumière. Cela ne se fait pas dans la solitude, dans l’isolement, dans la discrétion mais cela doit être partagé au moins, au niveau du regard, par un maximum de gens, comme si cela donnait lieu à plus de convivialité, à une meilleure qualité de vivre ensemble. 

Au moment de l’allumage, nous récitons cette prière qui s’ouvre sur cette expression: "Ces lumières, nous ne devons pas nous en servir, mais seulement les regarder." En regardant les lumières sans en tirer un profit quelconque, c’est la qualité du regard qui importe. C’est notre façon de regarder les lumières de Hanoucca qui devient essentielle.  

Que voit-on ? Comment voit-on ? Dans quel esprit voit-on ? 

A l’occasion de Hanoucca, nous apprenons à voir, nous apprenons à regarder notre prochain. C’est de cela dont il est question. Les lumières de Hanoucca ont pour vocation d'améliorer la qualité du regard, d'améliorer notre manière d’être par rapport au monde et par rapport aux hommes.

Nous ne savons plus ouvrir les yeux. Nous ne savons plus regarder autour de nous. Nous ne savons plus prêter attention à ce qui se passe afin d’être responsable et nous inscrire dans la qualité d’une relation envers notre prochain.

Hanoucca, et certainement la fête de Noël, nous invitent à garder les yeux ouverts. Elles nous apprennent à améliorer la qualité de notre regard afin de faire de nous des observateurs attentifs, responsables et non des observateurs préoccupés par l’usage de ce qu’ils voient à d’autres fins que le bien pour notre prochain.

C’est ce qu’Emmanuel Levinas appelle: "l’épiphanie de l’autre".

✍️ Texte : Albert Guigui
Chapô et intertitres : CathoBel

Lire aussi : « Quand les hommes se parlent, il y a toujours un espoir », assure Albert Guigui.

Dans une interview parue dans le dernier numéro de Dimanche, le grand rabbin de Bruxelles se dit convaincu "que le dialogue est la meilleure arme contre toutes les guerres". En Israël comme ailleurs…

Retrouvez-la ici dans son intégralité


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