Mais qui est donc Koen Vlaeminck, le rédacteur en chef de kerknet – Kerk&Leven?


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Mais qui est donc Koen Vlaeminck, le rédacteur en chef de kerknet – Kerk&Leven?
Par Vincent Delcorps
Publié le
5 min

Ce dimanche, à l’initiative du Vatican, s'est tenue la 56e Journée mondiale des communications sociales (ou "Dimanche des médias"). C’est l’occasion de faire connaissance avec Koen Vlaeminck, le rédacteur en chef de kerknet.be et Kerk&Leven. Un homme engagé et un journaliste nuancé, qui travaille au service de l’Eglise depuis près de vingt ans.

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Petit tremblement de terre dans le paysage médiatique du Nord: en décembre dernier, l’on apprend que les rédactions du site kerknet.be et de l’hebdomadaire papier Kerk&Leven s’apprêtent à fusionner. Ce sont deux poids lourds: chaque mois, kerknet.be recense 300.000 visiteurs uniques; quant à l’hebdomadaire papier, il peut encore s’appuyer sur 117.000 abonnés. Dans un paysage médiatique changeant, et alors que le nombre de catholiques diminue, ce développement apparaît logique. Il vise à réaliser des synergies entre médias et à renforcer l’impact global du groupe. Rédacteur en chef de kerknet depuis 2016, c’est Koen Vlaeminck, jeune quadra, qui est chargé de diriger la grosse douzaine de journalistes de la nouvelle rédaction unifiée.

Enfant des salésiens

Retour en arrière. L’homme grandit au sein d’une "famille flamande classique". Où la foi fait partie des meubles. De ces évidences dans lesquelles tant de générations ont grandi. Petit, Koen est servant de messe. Par la suite, les choix deviennent plus personnels. Si ses proches prennent leurs distances avec l’Eglise, lui continue à s’y sentir bien. A quoi ça tient? Essentiellement grâce à des rencontres, notamment au sein de la famille salésienne, répond Koen Vlaeminck.
Au sortir de ses secondaires, c’est la KULeuven et la voie de la philosophie que le jeune homme choisit. "Des études qui m’ont permis d’apprendre à écouter, à analyser et à comprendre", relate-t-il. Après une année de volontariat au Brésil, il se lance dans l’enseignement de la religion, dans une école… salésienne. Puis, lorsque le poste de porte-parole du diocèse de Gand est déclaré vacant, des proches l’incitent à postuler. Koen tente le coup. Sans trop y croire. Mais avec succès. Dorénavant, c’est pour Mgr Luc Van Looy, l’évêque (salésien!) de Gand et pour l’Eglise que le jeune homme travaillera.

Choisir l’Eglise

Travailler pour l’Eglise, une évidence? "J’aime beaucoup travailler pour l’Eglise", répond-il, enthousiaste. "C’est à travers des rencontres que j’ai découvert la foi, et que je la découvre toujours davantage. La foi est le plus précieux cadeau que j’ai reçu. A travers mon travail, pouvoir la partager avec d’autres, c’est fantastique. Maintenant, naturellement, ce n’est pas toujours évident". Dans une Eglise parfois trop lente ou hésitante, cet amoureux de la montagne aime se référer à l’image du chemin. Prendre de la hauteur. Mettre les choses en perspective. Se dire que l’essentiel est de cheminer ensemble. Reste qu’en cours de route, certaines étapes ont pu être exigeantes. En 2010, il est en fonction depuis deux ans lorsqu’éclate l’affaire des abus. "En plus, je venais de devenir papa. Ce fut une période franchement très difficile."
Plus fondamentalement, c’est un véritable changement de société que nous vivons. "Dans la génération de mes parents, par définition, tout le monde était catholique. Ce n’est plus le cas. Je constate que cette évolution suscite des émotions chez pas mal de gens: de la frustration, de l’inquiétude, le souhait de revenir en arrière… Pas simple! Je crois que ma formation de philosophe m’aide à ne pas entrer trop vite dans les émotions, à ne pas être trop négatif. A d’abord prendre le temps d’observer, à prendre conscience qu’un avenir est possible, même si on ne sait pas encore bien à quoi il ressemblera…"
Quand des personnes lui demandent quel est son job, Koen est heureux de pouvoir témoigner. Quelquefois, son interlocuteur préfère ne pas approfondir le sujet. "Mais c’est peu fréquent", prolonge le journaliste. "En général, les gens se montrent très curieux. Ils me posent pas mal de questions, moins sur mon travail de journaliste que sur la foi. Ce qui me réjouit, d’ailleurs. En fait, ils trouvent un peu étrange que quelqu’un de mon âge soit croyant…"

Informer, mais pas seulement

Excellant dans la réalisation de vidéos ou le développement de nouveaux formats web, Koen est un passionné du continent numérique. "En Eglise, on est souvent dans une logique où on doit réduire, diminuer, fermer… Avec le numérique, nous pouvons retrouver des chemins de croissance!" Dans une société déchristianisée, il se rend compte de l’attrait des internautes pour les questions liées aux grandes fêtes (qu’est-ce que l’Ascension?) ou à la culture religieuse (pourquoi mange-t-on des crêpes à la Chandeleur?). Offrir des réponses à ces questions, c’est autant de façons de toucher de nouveaux publics!

Parallèlement, chaque semaine, il livre son "standpunt" sur l’actualité de l’Eglise ou du monde. Le rôle des médias qu’il dirige? Il le définit principalement autour de quelques verbes: informeren [informer], inspireren [inspirer], berbinden [relier], verdiepen [approfondir], ondersteunen [soutenir]. "Nous sommes d’abord là pour observer et informer sur ce qui se passe. Mais notre mission est plus large. Nous sommes également là pour apporter un soutien. Soutenir des initiatives porteuses d’avenir ou des évolutions nouvelles, par exemple. Mais également soutenir les paroisses ou d’autres organisations dans leur communication."

Alors que les milieux catholiques se caractérisent par une certaine diversité, Koen Vlaeminck tient à ce que ses médias soient véritablement à la disposition de tout le monde. "Pour parler de nos médias, j’aime utiliser la métaphore de la cathédrale. Tout le monde y est le bienvenu, mais tout le monde n’y vient pas pour la même chose – certains viennent pour prier, d’autres seulement pour le silence… Dans notre travail, on doit penser à l’ensemble de ces personnes. C’est aussi pour ça qu’on n’est pas là pour adopter des prises de position trop fortes. Mon rôle est moins de dire ‘voici ce que je pense’ que d’ouvrir les perspectives, d’élargir les horizons…"

Vincent DELCORPS

Bio express

1979: naissance à Gand
2002: licencié en philosophie à la KULeuven. Par la suite, il obtiendra encore un diplôme en didactique de la religion
2008-2016: chef du service communication du diocèse de Gand
2017: rédacteur en chef de kerknet.be
Décembre 2022: reçoit la direction de la rédaction unifiée kerknet.be – Kerk & Leven

Catégorie : Eglise Belgique

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