Commentaire de l’évangile du dimanche 9 avril 2023 : “Lussetucru Monsieur Thomas ? Le mystère de la résurrection”


Partager
Commentaire de l’évangile du dimanche 9 avril 2023 : “Lussetucru Monsieur Thomas ? Le mystère de la résurrection”
Par Angèle Mamuza
Publié le
3 min

Impensable que Jésus soit vivant... et pourtant... les signes qu'Il avait accomplis étaient là... Retrouvons donc le commentaire de cet évangile de la résurrection.

Aussi loin que je remonte dans mon enfance, la fête de Pâques est synonyme d’œufs en chocolat cachés dans un énorme œuf en carton décoré de lapins, de fleurs et de couleurs printanières. Ou encore la chasse aux œufs au jardin! Vous me direz, Pâques, c’est la plus grande fête chrétienne, celle de la Résurrection du Christ. A l’adolescence, je pouvais encore croire à la vie de Jésus, à son message et à l’Evangile. Mais alors, sa résurrection, c’était une autre histoire.

Jésus pouvait-il ressusciter?

N’empêche, en allant lire les Evangiles, j’ai découvert que je n’étais pas le seul à qui il était difficile de croire que le Christ était ressuscité le troisième jour après sa mort. Ses propres disciples aussi avaient du mal à y croire. Alors qu’eux, à la différence de nous, ils avaient vécu plusieurs années très proches de Jésus. Ils avaient vu les signes qu’Il avait accomplis: des guérisons, des miracles, des prodiges en tous genres. Ils l’avaient entendu parler, ils l’avaient vu agir. Il avait ressuscité des morts. Donc pour eux, c’était plausible qu’Il puisse réaliser la même chose pour lui.

Monsieur Thomas

Pourquoi fallait-il que le Christ souffrît et soit mort pour qu’il puisse ressusciter, et ainsi "entrer dans la gloire de son Père"? Avouons que ce n’est pas chose aisée à comprendre, et encore moins à croire. Cela me rassure que ses propres disciples aient eu un mal fou à le découvrir, à l’accepter et à le croire. Ils avaient tous besoin de signes. Il ne leur suffisait pas de simplement entendre d’autres leur raconter. Les disciples avaient du mal à croire les femmes, qui, les premières, furent témoins de sa résurrection. Leurs paroles semblaient pour eux un délire. Mais à Monsieur Thomas, on ne la lui faisait pas! L’eusses-tu cru Monsieur Thomas qu’il fallait que le Christ mourût pour qu’il puisse ressusciter, et ainsi manifester sa gloire? Un sacré Lussetucru, Monsieur Thomas! Au fond, ne sommes-nous pas chacun assez semblable à Thomas?

Une expérience à vivre

Oui Monsieur Thomas est comme nous. Alors se pose la question suivante: quels sont les signes dans nos vies et autour de nous qui peuvent nous permettre de croire dans la présence du Ressuscité? Un de ceux-ci est sûrement la paix. "La paix soit avec vous." C’est ce qu’apporte le Christ lorsqu’il se rend présent.

Ainsi la résurrection fait partie de ce grand mystère qu’est la foi. Un enjeu du cœur et de l’intelligence, de la confiance et de la foi. Comprendre le sens de cette "nouvelle vie", des "passages de la mort à la vie" dans nos existences, à travers les blessures, les deuils, les lâcher-prises inévitables pour chacun. Telles les saisons de la vie, de l’hiver – où tout semble mort – au printemps et à l’été, où tout renaît et porte du fruit. Vivre de la présence du Ressuscité dans nos vies, c’est nous laisser remplir de sa joie, de sa paix et de sa vie. Ainsi la résurrection n’est plus seulement une question théologique. Elle devient une expérience à vivre. Traverser nos croix et nos morts avec Lui pour entrer avec lui dans la vie. Paix et joie.

Père Eric VOLLEN, sj

Catégorie : L'actu

Dans la même catégorie