Commentaire de l’évangile du 4e dimanche de Pâques A : “La vie en abondance”


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Commentaire de l’évangile du 4e dimanche de Pâques A : “La vie en abondance”
On June 2
Par Angèle Mamuza
Publié le
3 min

En ce 4e dimanche de Pâques, l'abbé Benoît Lobet nous partage son commentaire de l'évangile de saint Jean (10, 1-10) "Je suis la porte des brebis":

Corruptio optimi pessima, disait un précepte de la scolastique médiévale: "La pire corruption - on peut aussi traduire ‘perversion’ - est celle du meilleur." Entendez cela de la gastronomie: laisser se gâter une piquette, ce n’est pas bien grave. Laisser se flétrir un grand cru, c’est dramatique. Il en va de même pour la vie spirituelle et, en particulier, pour la vie chrétienne. Celle-ci est en effet une vie en plénitude, celle que Jésus déclare offrir aux hommes à la fin du passage évangélique entendu ce dimanche: "Je suis venu pour qu’ils aient la Vie, la Vie en abondance!" Jésus, le Ressuscité, le Ressuscitant, apporte avec lui la Vie, et ornons ce terme d’une majuscule qui lui donne son incroyable dimension. Car cette Vie est celle de Dieu lui-même, offerte en partage à tous ceux qui veulent suivre le Christ de Pâques, qui veulent passer à travers lui vers la plénitude promise. A travers lui: car il est "la porte", il est lui-même cette Pâque, ce passage.

C’est ainsi qu’il est également, comme il le dit lui-même, "le pasteur" des brebis, capable de les conduire vers cette Vie surabondante, les connaissant chacune par son nom, portant sur ses épaules les plus fragiles, donnant pour le troupeau sa propre Vie en partage.

Mais attention, donc: corruptio optimi pessima! Quelquefois, des mercenaires se présentent en prétendant agir au nom du Christ pasteur, du Christ passeur. Ils sont, disent-ils, mandatés par lui, choisis, élus, et souvent leur aura charismatique en est le signe. Et leur succès semble également témoigner pour eux! Sauf que… au lieu de conduire vers la Vie, ils viennent pour "voler, égorger, faire périr" et ils emmènent les pauvres brebis trompées vers la mort. Ils pouvaient bien ressembler pourtant à de vrais pasteurs - il s’en fallait d’un cheveu mais, au lieu d’offrir la liberté "d’entrer et sortir et trouver un pâturage", ils n’ont pu offrir que la désolation d’un enfermement, que les affres d’une mort psychique et spirituelle. Ce qui aurait dû être source de Vie est devenu un poison, pire que la médiocrité d’une vie banale: oui, corruptio optimi pessima! Il n’y a pas pire perversion que celle de la Vie la meilleure, que celle de la Vie chrétienne promise et espérée.

L’Eglise comme institution doit évidemment trouver tous les moyens juridiques pour écarter de son sein les faux pasteurs, les mercenaires, pour les sanctionner en même temps qu’elle tente de réparer, s’il est possible, les blessures infligées aux brebis trompées. Mais cela ne suffit pas: l’Eglise comme institution et comme communauté doit se convertir, c’est-à-dire se remettre tout entière, fidèles et pasteurs, aux mains du seul Pasteur, du seul Passeur, de l’unique Berger, le Christ. En lui, aucune aliénation, jamais. En lui, en lui seul, toujours et seulement la liberté. Et la Vie, la Vie en abondance!

Abbé Benoît LOBET

Catégorie : L'actu

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