L’évêque de Bruxelles a pris la parole parmi les manifestants pour la crise de l’accueil à Bruxelles


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L’évêque de Bruxelles a pris la parole parmi les manifestants pour la crise de l’accueil à Bruxelles
De longue date, Jean Kockerols est particulièrement attentif aux "exclus" de la société ©Anne Périer - Eglise catholique de Bruxelles
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le
3 min

"Pour que plus personne ne dorme dans la rue..." était le mot d'ordre ce jeudi 22 décembre midi. Une manifestation multiconfessionnelle et politique a rassemblé du monde au cœur de Bruxelles. Mgr Kockerols y a répété qu'on "ne peut accepter" que "des personnes soient traitées comme des déchets."

Des manifestants à Bruxelles sont venus écrire leurs vœux aux ministres pour résoudre la crise de l'accueil.
©Anne Périer - Eglise catholique de Bruxelles

Le CIRE, la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, Médecins du monde... et des personnalités religieuses se sont donnés rendez-vous ce jeudi midi à Bruxelles. Le lieu n'avait pas été choisi au hasard: devant les cabinets des ministre Vincent Van Quickenborne (vice-premier ministre et ministre de la justice), Georges Gilkinet (vice-premier ministre) et Petra De Sutter (vice-première ministre).

"Depuis plus d’un an, rappellent les organisateurs de ce rassemblement, des hommes, des femmes et même des enfants voient leurs droits fondamentaux bafoués. En tant que demandeurs d’asile, elles et ils ont pourtant droit à être accueillis et hébergés dignement mais sont contraints de dormir à la rue, en proie au froid, à la faim, à la peur et au désespoir."

La Belgique déjà condamnée sur ce sujet

Depuis des mois, les associations mais aussi plus récemment certaines formations politiques comme les Engagés se mobilisent. Tous rappellent le droit inscrit dans la Loi : hommes, femmes et enfants ont droit à une place dans un centre d’accueil. "Plus de 7.000 décisions judiciaires ont confirmé ce droit, souligne le communiqué de ce jour. Pourtant, la dignité humaine de ces personnes est foulée aux pieds par le gouvernement, qui ne prend aucune mesure face à l’urgence de la situation."

👉 "N'oublions pas les sans-papiers", réclamaient déjà les évêques de Belgique au printemps dernier

Le rassemblement de ce 22 décembre ne portait qu'un seul message: "nous voulons que ces hommes et ces femmes aient un toit au-dessus de leurs têtes. Nous voulons mettre fin à l’indignité qui est la leur, à leurs nuits dans la rue par moins cinq degrés."

"Nous ne pouvons rester indifférents..."

Parmi les personnes rassemblées, un homme était invité en tant que représentant de l'Eglise catholique. Mgr Jean Kockerols, puisqu'il s'agit de l'évêque de Bruxelles, a pris la parole aux côtés de M. Markiewicz, Président du consistoire juif, et d'autres représentants religieux. Il s'est exprimé en tant que chrétien, en tant que croyant, en tant que citoyen.

Mgr Kockerols: "Il y a bien trop de lieux où les gens 'crêchent' dans le froid."

"En tant que chrétien, je ne puis oublier que nous sommes à quelques jours de Noël : nous ferons mémoire de la naissance de Jésus, mais aussi de Marie et Joseph qui ont été rejetés à la rue ou presque. Les chrétiens ne peuvent rester indifférents à ce qui se passe dans cette ville, où il y a bien trop de lieux où 'crèchent' les gens dans le froid.
En tant que croyant, heureux d’être ici en compagnie de Philippe Markiewicz, président du Consistoire central Israélite, et de Mehmet Ustün, président de l’exécutif musulman, j’insiste pour rappeler que les croyants ont à contribuer à la fraternité universelle. Ce contre quoi nous nous insurgeons est tout sauf un comportement fraternel.
En tant que citoyen, je rappelle ce que le pape François n’a de cesse de dénoncer : la 'culture du déchet' dans notre société. Dans cette ville, où on ne peut plus jeter un mégot ou un papier sale sur le trottoir, des personnes sont traitées comme pur déchet : on ne peut l’accepter.
"

AF de B.

(Photos de l'Eglise catholique de Bruxelles)

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En attente de solutions... (c) Isabel Corthier / Caritas International

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