La sécurité des édifices religieux passe par l’implication de tous


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La sécurité des édifices religieux passe par l’implication de tous
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le
3 min

Une église fermée est une église en danger. Mais une église ouverte suppose quelques précautions que le CIPAR, spécialisé dans la gestion du patrimoine religieux, rappelle aux fabriques d'églises.

Illustration fournie par le Centre interdiocésain du patrimoine religieux pour inciter à la vigilance autour de l'entrée des églises

Les journaux locaux font écho de temps à autre d'un vol dans une église, ou de la dégradation d'un édifice religieux. La tentation pourrait être grande de fermer le lieu en permanence, en supposant que cela éloigne tout danger. Au contraire, selon le CIPAR, plus l'église est fréquentée, plus sa sécurité est assurée par le regard des voisins, des fidèles, du sacristain ou du desservant.

Le Centre Interdiocésain du Patrimoine et des Arts religieux (CIPAR) a choisi de consacrer sa cinquième brochure à la sécurité des églises paroissiales. "Depuis cinq ans que nous sommes sur le terrain, relève la responsable communication Vinciane Groessens, nous avons entendu la grande difficulté des paroisses en la matière." Le travail fourni en 120 pages par le CIPAR repose notamment sur un questionnaire d'auto-évaluation proposé aux fabriques d'églises. Il permet de détecter les risques d'incendies ("Les supports des luminaires sont-ils parfaitement stables ?", par exemple) ou alors d'inondations. On sait que 30 églises sur les 2.500 édifices catholiques de Wallonie ont subi de graves dégâts l'été dernier, et 5 églises sont encore dans une situation compliquée.

La sensibilisation porte également sur le risque de vols ou de vandalisme. S'il n'y a plus de statistiques officielles de la police du fait de la disparition progressive de la section consacrée au patrimoine, le CIPAR relève que "deux édifices cambriolés sur trois sont fermés." Plus précisément, Vinciane Groessens pointe les cas où l'église est "un peu isolée du centre du village, avec peu de voisins." Si les cambrioleurs constatent que l'édifice est rarement ouvert, et donc peu fréquenté, cela peut représenter une cible choix pour leurs larcins.

La fonction première d'une église, c'est d'être un lieu du peuple de Dieu ouvert à la visite et à la prière.

La responsable communication du CIPAR

Le Centre Interdiocésain du Patrimoine et des Arts religieux conseille de laisser de fixer les petits objets (statues, orfèvrerie) dans l'église, pour éviter que quelqu'un ne parte avec. Une autre recommandation concerne la vigilance nécessaire au moment de fermer l'édifice. "Faire une ronde tous les soirs, explique Vinciane Groessens, permet de jeter un œil aux chapelles latérales -s'il y en a- et de vérifier que les lumières sont éteintes, que rien ne fuit, etc."

De manière plus générale, il est conseillé de montrer que le lieu vit : mettre des fleurs, désherber l'entrée, diffuser de la musique… "C'est la fonction première d'une église, rappelle Vinciane Groessens, que d'être un lieu du peuple de Dieu ouvert à la visite et à la prière." Avec la raréfaction des messes dans certains clochers (s'ils sont regroupés avec d'autres dans une unité pastorale), mais aussi par la diminution de culture religieuse, le rôle des églises doit être réexpliqué à tous. Le CIPAR envisage notamment de mettre sur pied des formations avec les fabriciens, mais aussi les passionnés du patrimoine, les voisins de l'église et les représentants de la commune. Objectif: montrer que la sécurité de l'édifice catholique dépend du regard bienveillant de tous. Vinciane Groessens raconte par exemple comment l'attention à un échafaudage placé contre le mur de l'église peut empêcher un futur cambriolage. Il en est de même pour la nécessité d'entretenir régulièrement et correctement un bâtiment afin d'éviter des dégâts ultérieurs.

"Nous sommes conscients que les gestionnaires d'églises sont souvent dépassés par toutes les tâches", souligne la responsable communication du CIPAR. D'où l'idée de réunir un maximum de conseils pratiques en une seule brochure que toute fabrique d'église peut demander.

Anne-Françoise de BEAUDRAP

Couverture de cette brochure disponible auprès du CIPAR ⬇️

En dehors du canal diocésain, la brochure peut être commandée au prix de 15 euros (hors frais de port). Pour plus d'informations, contacter le CIPAR à l’adresse info@cipar.be ou via le site internet www.cipar.be.

Catégorie : Belgique

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