Débat à la Une: Qui financera les cultes à l’avenir?


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Débat à la Une: Qui financera les cultes à l’avenir?
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
2 min

Deux grands hebdomadaires catholiques belges s'intéressent cette semaine aux législations régissant le financement des cultes. Kerk en Leven donne ainsi la parole au ministre de la Justice (aussi en charge des Cultes), tandis que Dimanche relaie les efforts de l'Eglise de Bruxelles pour s'adapter à une nouvelle ordonnance

Politiques et institutions religieuses recalculent le mode de financement des cultes (c) CC0 via Pxhere

Dans ce numéro de Kerk en Leven, la parole est donnée au ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld). Selon l'éditorialiste Luk Vanmaercke, le ministre "veut laisser les Belges décider eux-mêmes s'ils veulent continuer à payer des impôts". Kerk en Leven décrypte ensuite ce "vieux rêve libéral" qui suppose de modifier la constitution. "Dans leur raisonnement, seuls les croyants (pratiquants) devraient payer pour la religion. De ce point de vue, la religion est quelque chose de strictement privé, pas quelque chose de la communauté."

Un financement à la carte ?

Editorial mis en ligne le 3 mai 2022 (c) Capture d'écran

L'éditorialiste Luk Vanmaercke applique ce même raisonnement à d'autres domaines: "Ceux qui ne vont pas au théâtre ou dans les musées n'ont plus à contribuer à la politique culturelle. Ceux qui ne prennent jamais le train ou le bus ne paient plus les transports en commun. Ceux qui n'ont pas d'enfants peuvent retirer leurs impôts de notre éducation. Désormais, nous ne contribuerons qu'aux objectifs sociaux que nous utilisons nous-mêmes. Est-ce que ça marcherait ? Bien sûr que non. C'est ainsi que nous organisons l'égoïsme ultime. Toute l'idée derrière les impôts et les cotisations sociales est précisément que nous contribuons tous à l'ensemble, même si chaque individu n'utilise pas chaque service."

L'édito de Kerk en Leven va même plus loin: "La religion est bien plus qu'une croyance personnelle, elle fait partie du tissu social. Les religions organisent l'éducation, les soins de santé et l'assistance aux personnes dans le besoin. Les religions aident les pauvres, font des voyages avec les malades, accueillent des réfugiés de régions lointaines. La religion est source de sens et de bonheur. Tout le monde ne boit pas de cette eau. Certains sont très religieux, d'autres occasionnellement, d'autres jamais. Il est important que la religion soit accessible et accessible à tous."

A Bruxelles, la réforme est en cours

En janvier 2023, une nouvelle législation régira le financement des cultes à Bruxelles. Et c’est une petite révolution qui se prépare: exit les "fabriques d’église", fini le rôle des communes; place aux "conseils d’administration" et aux "associations d’établissement". Thierry Claessens, adjoint de l’évêque auxiliaire de Bruxelles pour le temporel, en explique les raisons, mais aussi le défi que cela représente pour les 97 églises bruxelloises.

👉 A lire dans Dimanche n°18-2022, page Actualité

Catégorie : Belgique

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