Début des 8èmes Journées nationales des prisons


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Début des 8èmes Journées nationales des prisons
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
4 min

A l'initiative d'un groupement d'associations auquel participent les aumôniers catholiques œuvrant dans les prisons, les journées nationales des prisons sont organisées pour la 8ème année consécutive. Le thème de cette édition 2021 : "Tisser du réel : des liens qui en valent la peine!"

Qui connaît la réalité vécue par les 10 808 personnes détenues dans 35 établissements pénitentiaires en Belgique ? Pour sensibiliser à leurs conditions de vie, particulièrement aggravées par les restrictions sanitaires liées au Covid-19, les Journées nationales des prisons organisent une série d'activités du 19 novembre au 5 décembre.

Conférences, expositions, ateliers avec les personnes détenues et autres initiatives devraient mettre en évidence les liens distendus entre les prisonniers et leurs proches. L'année 2020 a contribué, dans le milieu carcéral comme dans d'autres domaines d'ailleurs, à un usage plus poussé des nouvelles technologies: visites par visioconférence, prises de rendez-vous et envois de fiches-messages via le "prison cloud" (serveur interne présent dans certaines prisons qui permet aux personnes détenues de correspondre avec les intervenants internes) et "cell-learning" (sorte de e-learning via une plateforme internet dont le déploiement est en cours dans plusieurs prisons)… Les associations concernées par la situation des prisons s'interrogent: " si ces outils permettent dans une certaine mesure de mettre en relation les un(e)s et les autres, nous sommes en droit de questionner la place croissante qu’ils occupent face au contact humain".

➡️ Consultez le programme complet sur le site www.jnpndg.be et sur la page Facebook des Journées Nationales de la Prison

Plusieurs initiatives locales de l’aumônerie catholique de Bruxelles

  • Les équipes d’aumônerie des prisons de Bruxelles réalisent une nappe d’autel en patchwork pour signifier, prier et célébrer les liens avec tous les participants de ces aumôneries (personnes détenues, bénévoles et aumôniers) : des liens vivants, des liens souffrants, des liens brisés, des liens renoués ! Chaque participant reçoit un carré de tissu et la liberté d’écrire, dessiner ou broder ce que lui inspire la notion des liens. Les différents carrés seront assemblés par les femmes détenues de la prison de Berkendael pour former une magnifique nappe d’autel qui sera inaugurée lors des célébrations de Noël.
  • Un stand représentera ce projet à l’Exposition Huis van de Mens qui se tiendra Square Sainctelette, 17 à 1000 Bruxelles les 19, 20 et 21 novembre de 10h00 à 18h00 et proposera aux visiteurs de collaborer au projet en leur distribuant des carrés de tissu.
  • Siska Deknudt, aumônière à la prison de Beveren, lors d’un atelier avec 3 personnes détenues incarcérées pour des longues peines, a entrepris un pèlerinage imaginaire à partir de leurs récits de vie. Cette expérience fait l'objet d'une magnifique exposition, avec des histoires visuelles, des podcasts et des animations, qui sera présentée à l’Église Notre-Dame du Bon Secours, Rue du Marché aux Charbons, 91 à 1000 Bruxelles à partir du 24 novembre. L'exposition est accessible du lundi au samedi de 9h00 à 17h00 et le dimanche de 11h00 à 17h00. Le vernissage a lieu le 24 novembre à 19 heures. https://www.houseofcompassion.brussels/
  • Siska Deknudt fera également une conférence en ligne intitulée « Le chagrin derrière les murs » le 15 novembre à 19h00 pour présenter ce pèlerinage imaginaire. Ensuite, un psychologue, un gardien de prison et le boxeur expérimenté Ismaïl Abdoul, dont l'histoire de vie a été récemment filmée, parleront de l'importance du soutien psychologique pour les détenus. Inscription : www.houseofcompassion.be/inschrijving

 

Quelques chiffres clés:

Selon les dernières statistiques du Conseil de l’Europe, sorties en 2020, la Belgique comptait 10.808 personnes détenues. La durée moyenne d'emprisonnement en Belgique est de 6,8 mois.

La capacité théorique des établissements pénitentiaires belges est de 9. 219 places.

Environ 1 personne/1000 est incarcérée en Belgique. On estime à plus de 76.000 les personnes touchées par l’incarcération d’un proche dont au moins 12.000 enfants mineur(e)s concerné(e)s par la détention d’un parent.

43% des personnes incarcérées en Belgique ne sont pas de nationalité belge, ce qui place le pays au 10ème rang des pays qui enferment le plus de personnes étrangères.

En 2019, 7.527 personnes sont sorties de prison : parmi celles-ci, sont comptées les libérations, qui représentent 99,3% des sorties, mais sont également comptées les personnes décédées et les personnes qui se sont évadées.

 

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Pour aller plus loin, écoutez le témoignage des aumôniers de prison dans l'émission Il était une foi

 


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