“Va vers le pays que je te montrerai”: une lettre pastorale pour un nouvel élan


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“Va vers le pays que je te montrerai”: une lettre pastorale pour un nouvel élan
Par Diocèse de Liège
Publié le - Modifié le
5 min

En ce mois d’octobre proclamé par le pape François « mois extraordinaire de la mission universelle », Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, publie une lettre pastorale pour donner un nouvel élan à son diocèse. Il place sa lettre sous le signe d’Abraham, qui reçoit de Dieu une mission de découvrir un nouveau pays. À nous aussi, écrit l’évêque, le Seigneur demande d’aller vers des terrains inconnus.

Dans cette lettre, Mgr Delville précise quelques étapes à parcourir : faire des choix, se mettre en position de mission, aller aux périphéries, vivre l’amitié et la prière grâce à la Parole de Dieu. Il invite les fidèles à lire cette lettre, à réagir et à lui envoyer leurs réactions et leurs suggestions.

Les choix d’Abraham et les nôtres

L’évêque invite à faire des choix, comme Abraham en a fait autrefois. Dieu lui inspire de choisir de sillonner la Terre de Canaan. Il invite Abraham à faire un choix dans la confiance, à faire des pas, malgré l’ingratitude du terrain. Il l’invite à visiter ce nouveau pays qu’il lui donne, à le regarder avec des yeux nouveaux, à être un explorateur et un témoin de l’alliance avec lui.

Aujourd’hui aussi, continue Mgr Delville, notre société d’abondance et d’inégalités engendre des discussions et des choix difficiles. Dans l’Église également, il y a des choix à faire pour vivre le présent sans nous laisser écraser par le passé, par les activités routinières ou par des institutions peu adaptées aux besoins pastoraux.

L’évêque invite ses diocésains à regarder avec des yeux attentifs les lieux et les activités qu’il convient d’abandonner pour se consacrer vraiment aux nouveaux appels et besoins. « Regardons les personnes qui se tournent vers l’Église, surtout les jeunes générations, et qui attendent que nous ayons le courage de vivre les indispensables deuils pour les accueillir. Regardons les pauvres et tous ceux et celles qui souffrent ! »

Se mettre en état de mission

« Soyons missionnaires, c’est-à-dire communicateurs de la bonne nouvelle de l’amour de Dieu pour tous », ajoute l’évêque.

Être missionnaire, écrit-il, suppose qu’on dépasse ses peurs de témoigner de sa foi : il faut oser parler. Parler, mais pas conquérir : la mission n’est pas une croisade ! Il faut donc vivre le mystère pascal à la suite du Christ lui-même, il faut sans cesse passer par la mort et le renoncement pour découvrir une nouvelle vie et de nouvelles voies. On peut ainsi accompagner un malade jusqu’à la mort et un blessé de la vie au-delà des résultats apparents. « Dans ce monde éclaté et individualiste, nous avons quelque chose à dire, que personne d’autre ne dira, ajout l’évêque, nous vivons d’une grâce que nous avons reçue ». Être missionnaire, c’est aussi savoir appeler quelqu’un, l’inviter, le stimuler à s’engager. « Les appels de Dieu, les vocations, sont relayés par notre capacité à communiquer, dans l’Esprit, le message du Christ » écrit-il.

Vers les périphéries

Abraham s’est dirigé vers les périphéries, vers le plateau de Canaan, vers un pays désert. De même, le pape François nous invite à nous diriger vers les périphéries « géographiques » mais aussi « existentielles », rappelle Mgr Delville.

« Pourquoi aller vers les périphéries ? Pourquoi le synode des évêques réuni à Rome en octobre s’occupe-t-il de l’Amazonie ? Parce que la périphérie est le lieu des gens oubliés et des personnes qui ont besoin du salut ; or ces personnes sont aussi les prophètes de notre monde, celles qui ouvrent les yeux de l’humanité sur les vrais besoins, les vraies valeurs, les vraies capacités. Plus que d’autres, elles ont besoin d’amitié et sont capables d’en donner », souligne l’évêque.

pixabay CCO

Où sont les périphéries aujourd’hui ?, se demande l’évêque qui suggère aussi : " Les périphéries, ce sont même des gens qui sont proches physiquement, mais loin de nos préoccupations : parfois, ce sont les jeunes, mal compris autour d’eux et en quête d’un avenir, trop incertain à leurs yeux, ces jeunes qui peuvent nous interpeller sur le soin de la création que Dieu nous a confiée ; ou encore ces migrants qui fréquentent nos églises mais sont laissés à la marge des responsabilités en paroisse et dans la société ».

Par l’amitié et la prière

Le secret de la communication de l’évangile dans les périphéries, c’est l’amitié et la prière, écrit Mgr Delville. Il rejoint en cela ce qu’écrit Andrea Riccardi dans son ouvrage Tout peut changer (Paris, Cerf, 2019, p. 81.) : « L’amitié, c’est le point névralgique de l’évangélisation : si nous devenons des amis pour les hommes et les femmes de notre époque, l’Église sera de nouveau efficacement missionnaire ».

La prière est le creuset de notre démarche d’évangélisation, selon l’évêque. « Nourrie à la Parole de Dieu, la prière ouvre nos yeux sur le monde, éclaire notre conscience, nourrit notre espérance, alimente la charité, fait grandir la foi et nous met en contact avec Dieu, à travers l’action de l’Esprit, qui actualise en nous l’évangile de Jésus. La prière ouvre la porte à l’action de Dieu dans le monde et dans les cœurs. Elle nous réunit en une démarche communautaire dans les sacrements et dans la liturgie ; elle renforce ainsi nos énergies vitales ».

Susciter le dialogue

La lettre est suivie d’une série de sept questions destinées à approfondir le sens du texte et à rebondir dessus pour déboucher dans la pratique. L’évêque serait heureux que ces questions soient traitées en Unité pastorale et dans les rencontres diverses, afin de susciter un dialogue et des réactions. On peut envoyer celles-ci à son secrétariat, afin qu’elles soient le point de départ de nouvelles initiatives et qu’elles donnent au diocèse un nouvel élan !

Cette lettre pastorale est en vente à la Librairie Siloë (Rue des Prémontrés 40, 4000 Liège – 04 223 20 55) et d’ors et déjà téléchargeable dans ses versions française et allemande pour une large diffusion.


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