Vingt-trois opérateurs pastoraux tués en 2017


Partager
Vingt-trois opérateurs pastoraux tués en 2017
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Selon les informations recueillies par l’Agence Fides, 23 opérateurs pastoraux, à savoir treize prêtres, un religieux non prêtre, un religieuse et huit laïcs ont été tués dans le monde au cours de l’année 2017.

L'organe d'information des Œuvres Pontificales Missionnaires précise que pour la huitième année consécutivement, le nombre le plus élevé de ces morts est enregistré en Amérique. Onze, opérateurs pastoraux (8 prêtres, 1 religieux non prêtre et 2 laïcs) y ont perdu la vie. A cet triste palmarès, l’Afrique arrive en seconde position avec 10 autres opérateurs pastoraux (4 prêtres, 1 religieuse et 5 laïcs) tués, tandis qu'en Asie deux opérateurs (1 prêtre et 1 laïc) ont également été assassinés. De 2000 à 2016, ce sont au total 424 opérateurs pastoraux dont cinq évêques, qui ont été tués sur l'ensemble de la planète.

La liste annuelle établie par Fides, hélas sans doute incomplète, ne concerne pas seulement les missionnaires ad gentes au sens strict mais tous les opérateurs pastoraux morts de façon violente. "Nous n’utilisons pas de fait le terme 'martyr', sauf dans son sens étymologique de 'témoin', pour ne pas devancer le jugement que l’Eglise pourra éventuellement donner à certains d’entre eux, mais aussi à cause de la pauvreté des informations que, dans la majorité des cas, il est possible de recueillir sur leur vie et sur les circonstances mêmes de leur mort", précise l'agence d'information des Œuvres Pontificales Missionnaires.

Crimes impunis

De nombreux opérateurs pastoraux tués a trouvé la mort à la suite de vols ou de cambriolages, perpétrés par ailleurs avec férocité, dans des contextes marqués par la dégradation morale, la pauvreté économique et culturelle, l'intolérance, la violence comme règle de comportement, le manque de respect pour la vie et de tout droit fondamental. Sous toutes les latitudes, les prêtres, religieuses et laïcs partageaient avec les personnes la même vie quotidienne, apportant la valeur spécifique de leur témoignage évangélique comme signe d’espérance. Les personnes tuées ne représentent que la pointe de l’iceberg. En effet, la liste des opérateurs pastoraux ou des simples catholiques agressés, malmenés, volés, menacés est sans doute beaucoup plus longue, tout comme celle des structures catholiques au service de l’ensemble de la population qui font l’objet d’attaques, d’actes de vandalisme ou de saccages. A ces listes provisoires établies par l’Agence Fides sur base annuelle, vient s’ajouter la longue liste de ceux, nombreux, dont on ne saura jamais rien, pas même le nom, et qui, souffrent sur la terre et paient de leur vie leur foi en Jésus Christ.

Les meurtriers de prêtres ou de religieuses sont rarement identifiés ou condamnés. Le cas de la condamnation du mandant de l’assassinat du frère Vincente Canas, missionnaire jésuite espagnol, tué au Brésil en 1987, est révélateur. Dans le cadre d’un premier procès, en 2006, les inculpés furent acquittés pour manque de preuve alors que la nouvelle procédure, portée à terme les 29 et 30 novembre derniers, a porté à la condamnation du mandant, seul survivant des inculpés.

J.J.D. (avec Fides)

Catégorie : International

Dans la même catégorie