Cinéma – Sans amour mais pas sans talent !


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Cinéma – Sans amour mais pas sans talent !
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Andrey Zvyagintsev explore la famille et la société en Russie. Il met aussi en lumière un mouvement citoyen de recherche de personnes disparues.

Loveless (Faute d’amour) raconte l’histoire d’un couple. Boris et Zhenya sont en train de divorcer. Aucun des deux ne semble avoir d’intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu’à ce qu’il disparaisse.

Enfant(s) et couple sont des thèmes présents dans la plupart des films de Zvyagintsev. Si, avec Loveless , le réalisateur met la famille au centre du film, il a aussi voulu mettre l’accent sur le mouvement russe Liza Alerte "créé en 2010, composé de volontaires bénévoles qui cherchent les personnes disparues de tous âges, des enfants aux seniors - ces derniers, parfois, sortent de chez eux, sont désorientés et se perdent". En arrière-plan sonore, une dimension politique, notamment par rapport à l’Ukraine.

Le récit se déroule de 2012 à 2016 et nous fait découvrir un jeune garçon, Aliocha, que l’on retrouve chez lui, en famille. Celle-ci est loin d’être un havre de paix. Sans être dysfonctionnelle, il y a de "l’eau dans le gaz". L’enfant n’était pas désiré, pas plus que leur mariage. Ils sont en instance de divorce. Elle a trouvé quelqu’un de plus âgé et de plus riche. Lui est en relation avec une autre femme qui est enceinte. Ces deux couples s’aiment-ils? Quant à Aliocha, il est de trop. De trop lorsque ses parents se disputent entre eux et aussi à son sujet. Surtout à son sujet. Aucun n’en veut la garde et tous deux envisagent l’orphelinat, excellente préparation à l’armée. Aliocha est derrière une porte, invisible à ses parents et pleure…

Disparition

L’absence d’amour est patente, entre les parents et vis-à-vis de l’enfant qui, ayant disparu, est désormais absent. Tout comme la police, présente certes, mais de façon administrative. Et comme toujours, la piste privilégiée sera celle d’une fugue, sans en exclure d’autres, plus dramatiques... La police ne fera rien, ne pourra/voudra rien faire... si ce n’est par le biais d’un policier, pas mauvais bougre, mais pris dans les filets de l’administration. Il va cependant signaler aux parents l’existence du mouvement citoyen Liza Alerte, constitué de bénévoles et organisé de façon presque militaire avec des moyens humains et matériels.

A la fin du film, toujours sous l’arrière-fond des tensions avec l’Ukraine, l’on retrouvera Boris et Zhenya, chacun de son côté, quelques années plus tard, chacun dans son nouveau couple (dont Boris avec son enfant). Dans la banalité d’une vie sans bonheur et sans joie. Sans amour! Le film se conclura sur ce constat d’échec d’un enfant né sans amour... Sans amour certes, mais sans faute de la part du réalisateur de ce film qui a bien mérité le Prix du Jury lors du dernier Festival de Cannes.

Charles DE CLERCQ - RCF

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Catégorie : Culture

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