Adoption de l’avant-projet du cours d’EPC en secondaire


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Adoption de l’avant-projet du cours d’EPC en secondaire
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

C'est fait: le cours d'éducation à la philosophie et à la citoyenneté dans le secondaire officiel est sur les rails. Mais les professeurs de religion et de morale grincent des dents. Ils se disent humiliés.

Hier mercredi 17 mai, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté l’avant-projet de décret relatif à la mise en œuvre du cours d'éducation à la philosophie et à la citoyenneté (EPC) dans le secondaire à partir de la rentrée de septembre. Rappelons que dans l’enseignement primaire, ce cours est organisé depuis octobre 2016, ce cours sera d’application dès la rentrée dans l’enseignement secondaire du réseau officiel. Il y sera donné à raison d’une heure par semaine, en remplacement d'une heure de cours de religion ou de morale, voire deux heures par semaine pour les élèves qui le choisiront à la place des cours de morale ou de religion.

L'avant-projet adopté balise les aspects organisationnels du cours. La Fédération Wallonie-Bruxelles confirme que les professeurs de morale ou de religion ne devraient pas perdre leur emploi, car le gouvernement a assoupli les conditions d’accès à l’enseignement du cours. Parmi ces "assouplissements", un professeur qui dispense le cours de religion ou de morale, pourra également donner le cours d’EPC dans le même établissement. Ce qui n'était pas le cas dans le projet initial. Le nouveau décret limite à six le nombre maximal d’implantations dans lesquelles les enseignants doivent prester. En cas d’horaire incomplet, ils pourront coordonner des activités au sein des implantations: remédiations, animations, accompagnements…

"Humiliés"

Mais… il y a un "hic": les enseignants qui choisissent de donner le cours d’EPC devront suivre une formation à la neutralité - sauf s’ils sortent de l’enseignement officiel - et une formation à la didactique spécifique au cours d’EPC d’ici 2021, ce qui représente quelque 200 heures. S'ils ne les suivent pas, ils ne seront pas nommés. Pour garantir ces formations, les enseignants bénéficieront de deux périodes par semaine pendant quatre ans. Du coup, les professeurs de morale et de religion s'estiment humiliés, dans la mesure où à leurs yeux, le gouvernement les renvoie sur les bancs de l'école, sans tenir compte du travail accompli et de leur expérience.

Notons encore que, déjà, des responsables de l'enseignement officiel émettent des craintes quant au financement de ces formations et des mesures qui permettront de garantir l'emploi. Ils rappellent aussi que le Conseil constitutionnel doit encore avalisé le décret, ce qui donne à penser que l'introduction des cours d'EPC dans le degré secondaire

Administrateur-délégué de l’enseignement des communes et des provinces, Roberto Galluccio note ces assouplissements. Il émet cependant des craintes quant aux réserves budgétaires nécessaires pour la mise en place des formations, ou pour assurer les mesures qui permettront de maintenir l’emploi. Il regrette également que ce décret arrive si tard. "Il doit encore passer devant le Conseil d’Etat. Il ne sera donc pas d’application avant un mois. C’est beaucoup trop tard alors que les écoles préparent leur rentrée."

J.J.D.

Catégorie : Belgique

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