François à Lesbos : un voyage humanitaire et œcuménique


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François à Lesbos : un voyage humanitaire et œcuménique
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Pape François-Patriarche Bartholomée

Le Saint-Père sera accompagné par le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée.

Le pape François se rendra demain à Lesbos. Ce voyage, qui n'est pas politique mais humanitaire et oecuménique, constituera la 13e visite apostolique du pape François, et le deuxième voyage d'un pape en Grèce, après la visite de saint Jean-Paul II à Athènes en 2001.

La visite du pape commencera par un entretien en privé d’une vingtaine de minutes avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras. Puis, le pape se rendra dans le camp de Moria où vivent 2.500 réfugiés demandeurs d’asile. Le Saint-Père sera accompagné par le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée et l’archevêque d’Athènes Hyeronimos. Dans une grande tente, les trois responsables religieux salueront individuellement environ 250 demandeurs d’asile et prendront leur repas avec huit réfugiés dans un conteneur aménagé. Ils prononceront ensuite des discours et signeront une déclaration commune. 150 mineurs, pour la plupart non accompagnés, les attendront le long des barrières de la structure. Dans l’après-midi, François ira à la rencontre des habitants et de la communauté catholique de Lesbos et y prononcera un discours avant de se recueillir à la mémoire des migrants disparus en mer. Cette visite s’achèvera par des rencontres en privé avec le patriarche Bartholomée et l’archevêque d'Athènes, ainsi qu’un nouveau tête à tête avec le chef du gouvernement grec. Le pape rencontrera aussi des représentants de la communauté catholique grecque.
Mercredi 13 avril, lors de l'audience générale, le pape François avait appelé les fidèles à la prière pour ce voyage court, mais d'une grande importance sur les plans œcuménique et humanitaire. «J’irai à Lesbos, ensemble avec mes frères le patriarche de Constantinople Bartholomée et l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme, pour exprimer proximité et solidarité à la fois aux réfugiés, aux citoyens de Lesbos et à tout le peuple grec, si généreux dans l’accueil.» Si ce voyage n’est pas politique, le Vatican regrette qu’on n’ait pas trouvé de solution aux souffrances de tant de personnes.

«Les migrants ne quittent pas tout pour le plaisir»

Dans une interview, le cardinal Christoph Schönborn a fustigé le cœur endurci de l’Europe. L’archevêque de Vienne a fait part de sa tristesse concernant le durcissement des mesures visant à empêcher l’arrivée de migrants en Europe. «Au lieu d’accueillir, nous érigeons des barrières», a-t-il regretté. Le cardinal Schönborn exhorte à ne pas abandonner les premiers pays d’accueil et les plus petits. «Où sont passées les valeurs qui nous ont unis, a lancé l’archevêque de Vienne. Certes, il est nécessaire de gouverner le phénomène migratoire et de gérer les situations d’urgence, mais sans jamais perdre de vue la dignité humaine des migrants, des personnes en chair et en os qui fuient le désespoir et qui, souvent, ont tout perdu.» Le cardinal Schönborn espère que l’Europe chrétienne retrouve le cœur qu’elle semble avoir perdu. «L’Europe ne peut pas avoir pour seul critère l’économie.»

De son côté, le patriarche latin de Jérusalem Fouad Twal a salué les efforts du Saint-Père pour trouver des solutions aux crises actuelles, mais a-t-il relevé «le destin des peuples est entre les mains des gouvernants qui devraient se montrer plus responsables. Les migrants ne quittent pas tout pour le plaisir. Ils fuient la guerre et la violence. Si nous ne les voulons pas, faisons la paix dans leurs pays, cessons de leur vendre des armes et de penser uniquement à nos intérêts, a affirmé le patriarche. Et nous verrons que ces gens dont personne ne veut resteront volontiers chez eux».

Radio Vatican

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