CPI : un djihadiste accusé de “crimes de guerre” pour destruction de patrimoine


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CPI : un djihadiste accusé de “crimes de guerre” pour destruction de patrimoine
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

CPI_fatoubensoudaFatou Bensouda (photo), procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, a accusé un djihadiste malien de crimes de guerre pour avoir dirigé et participé à la destruction de mausolées protégés par l'Unesco à Tombouctou en 2012.

Lors de l'audience de confirmation des charges d'Ahmad Al Faqi Al Mahdi, ce 1er mars, le procureur de la CPI a estimé qu'il fallait agir contre "la destruction et la mutilation de notre héritage commun". Cette audience tenue à La Haye avait pour objectif de déterminer si les preuves à charge de ce djihadiste malien sont suffisantes pour mener à un procès.

Pour Fatou Bensouda, c'est une évidence. "Ces destructions ont constitué une attaque contre une population entière et contre son identité culturelle", a-t-elle déclaré, en soulignant que ces structures étaient importantes "pour le monde entier". "Une telle attaque ne peut rester impunie", a-t-elle dit.

C'est la première fois que le bureau du procureur de la CPI retient un tel chef d'accusation portant sur la destruction de biens et bâtiments religieux et culturels. Pour cette raison, Fatou Bensouda a invité les juges à saisir cette chance de "lutter contre ce fléau qui est souvent le prélude aux pires exactions contre les populations".

Le suspect, un Touareg nommé Ahmad Al Faqi Al Mahdi, est le premier djihadiste écroué par la CPI. Selon l'accusation, il a été l'un des chefs d'Ansar Dine, un groupe islamiste radical associé à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Agé d'environ 40 ans, il s'est rendu responsable de crimes de guerre en ayant détruit neuf mausolées et une des plus importantes mosquées de la ville, Sidi Yahia, entre le 30 juin et le 10 juillet 2012, affirme l'accusation. La destruction des mausolées de saints musulmans par le groupe Ansar Dine au nom de "la lutte contre l'idolâtrie" avait provoqué l'indignation à travers le monde. L'Unesco a depuis restauré les 14 mausolées détruits à Tombouctou, qui se trouve à quelque 1.000 kilomètres au nord-est de la capitale Bamako.

La CPI avait ouvert en 2013 une enquête sur les exactions commises au Mali par les groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Ceux-ci avaient pris le contrôle du nord du pays en mars-avril 2012, après la déroute de l'armée face à une rébellion dominante touareg.

Fondée entre le XIe et le XIIe siècle par des tribus touareg et inscrite au patrimoine mondial de l'humanité, Tombouctou a été un grand centre intellectuel de l'islam et une ancienne cité marchande prospère des caravanes. La "cité des 333 saints" a connu son apogée au XVe siècle.

J.J.D. (avec agences et CPI)

Catégorie : International

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