Sant’Egidio : «Que 2016 soit l’année de la paix !»


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Sant’Egidio : «Que 2016 soit l’année de la paix !»
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Marche_pour_la_paixCe 1er janvier, des personnes ont répondu à l’invitation de Sant’Egidio et d’autres organisations interconvictionnelles en participant à une marche pour la paix. A Bruxelles, même si de nombreux événements ont été annulés pour raison de sécurité, la marche a pu avoir lieu.

Presque par hasard, un arc-en-ciel s’est formé dans le ciel au-dessus de Molenbeek-Saint-Jean quand le groupe s’est mis en marche. Quelques centaines de personnes de diverses origines géographiques et culturelles se sont rassemblées sur la place communale de la commune la plus tristement célèbre de Bruxelles. La communauté Sant’Egidio, organisatrice de ce rassemblement avec d’autres associations, tenait précisément à ce que la marche parte de Molenbeek, et qu’elle rassemble des gens aux multiples couleurs. En cours de route, les croyants musulmans ont rejoint le groupe initial, après le temps de prière du vendredi. Jan Devolder précise qu’en traversant le canal de Bruxelles, «c’est un moyen de dépasser une frontière sociale…»

Céline Francis, membre de Sant’Egidio, a chaleureusement accueilli les marcheurs qui ont «accepté de se lever, de quitter la chaleur de leurs foyers». «Nous avons choisi de nous lever pour la paix, de la défendre!», continue-t-elle. Chaque marcheur était invité à s’impliquer soit en tenant l’un des 24 panneaux portant un nom d’un des pays en guerre (Ukraine, Burundi, Syrie…), soit en inscrivant un message d’espoir sur un ballon lâché dans le ciel à la fin du rassemblement. A la question de savoir si ces gestes ne sont pas utopiques, les personnes présentes répondent par une citation d’Albert Camus: «Ce sont les rêveurs qui font le monde, les autres n’en ont pas le temps.»

La marche pour la paix de ce 1er janvier s’est déroulée en toute convivialité, ponctuée par de nombreux «Bonne année». De groupe en groupe, des liens se sont noués, parfois au prix d’une discussion sur l’actualité tragique de tel ou tel pays. «Dans notre monde devenu un village, si la maison voisine prend feu, nous ne pouvons pas rester indifférents», rappelle Jan Devolder. La preuve était apportée par tous ces marcheurs, notamment des familles avec enfants, qui ont vécu l’exil.

Pour clore ce rassemblement, un jeune réfugié syrien, Hazem Yabroudi, a témoigné de la situation de sa famille écartelée entre plusieurs pays. Pourtant, il garde espoir, estimant que «c’est une plante qui pousse même en terre brûlée!» Ses amis restés en Syrie dans des situations précaires lui ont demandé de transmettre aux Belges quelques messages d’espoir: «Nous sommes un peuple qui aime tellement la vie. Nous préférions travailler que vivre de l’aumône.» En ce 1er janvier, d’autres manifestations de gens "debout" se déroulent à Liège et à Anvers.

Anne-Françoise de Beaudrap

Catégorie : Eglise Belgique

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