La précarité guette les mamans célibataires


Partager
La précarité guette les mamans célibataires
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

L'Observatoire de la Santé et du Social Bruxelles-Capitale vient de publier son "Rapport bruxellois sur l'état de la pauvreté 2014" avec la thématique "Femmes, précarités et pauvreté en Région bruxelloise". A travers des recherches et des témoignages, le rapport rend compte de la situation vécue par de nombreuses mères célibataires qui sont particulièrement exposées à la précarité.

precarite1

Le logement, la santé, la situation financière, les aides sociales, la vie en général, le parcours de vie, l'égalité entre les hommes et les femmes… Tels sont les différents thèmes abordés dans le rapport thématique "Femmes, précarités et pauvreté en Région bruxelloise" extrait du "Rapport bruxellois sur l'état de la pauvreté 2014".

Les revenus liés au travail, l'aide sociale ou le chômage sont insuffisants pour permettre à de nombreuses personnes de la capitale de joindre les deux bouts. Bénéficiant d'un salaire généralement inférieur que celui des hommes, les femmes sont plus vite encouragées à quitter le marché du travail pour se consacrer aux tâches familiales. Elles sont donc plus nombreuses à se retrouver dans une situation de "dépendance financière" et sont particulièrement exposées à la précarité. Dans plus de 86% des séparations constatées à Bruxelles, ce sont les femmes qui prennent la charge des enfants. Le nombre de familles monoparentales a augmenté de près de 7,9% entre 2009 et 2013.

La volonté de s'en sortir "pour les enfants"

Parmi les femmes isolées qui ont été interpellées et écoutées pour la rédaction de ce rapport, l'une d'entre elle livre sa définition de la précarité. "La précarité, c’est le risque de manquer au point de vue des finances ou des trucs comme ça. Mais pour moi, ce n’est pas grave si je manque, c’est pour les enfants. Que moi je ne mange pas je m’en tape mais c’est pour les enfants. Entendre ton enfant venir chez toi pour te dire qu’il a faim, c’est horrible."

Pour pallier le manque de ressources financières, beaucoup de femmes ont souligné l'importance de suivre une formation pour trouver un emploi: lire, écrire, mieux maîtriser la langue… Le logement est également une "nécessité absolue" pour les femmes interrogées. "En raison de leurs situations, de leur statut socio-économique et de leurs moindres revenus, les femmes subissent plus fortement une discrimination indirecte sur le marché du logement locatif privé", constatent les auteurs du rapport. La santé et le contact avec les gens sont également largement mentionnés. Les femmes ont une espérance de vie généralement plus longue que les hommes mais leur santé décline au fil des années. "Les femmes moins favorisées vivent plus longtemps qu’avant mais en moins bonne santé que les femmes plus favorisées", précisent les auteurs.

Une précarité qui nuit à la santé

Pour trouver de l'aide, pour éviter d'être sanctionnées ou encore pour maintenir leurs droits, les femmes sont confrontées à des obligations et délais administratifs qu'elles ne peuvent respecter. Il faut compter les trajets, les renseignements pour savoir vers quel type d'aide se tourner, la durée de la formation à l'emploi, le coût financier, les soins et le suivi des enfants… Autant de démarches qui prennent du temps et qui sont d'autant plus difficiles à entreprendre pour des personnes en situation de grande précarité. La majorité des femmes précaires rencontrées ont soulevé ce décalage entre les institutions et les personnes qui ont la volonté de s'en sortir.

Le rapport "Femmes, précarités et pauvreté en Région bruxelloise" est disponible sur www.observabru.be.

S.T.


Dans la même catégorie