L’Afrique peaufine sa stratégie pour contrer Boko Haram


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L’Afrique peaufine sa stratégie pour contrer Boko Haram
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

centrafrique4Comment endiguer l’influence du groupe terroriste islamique Boko Haram en Afrique ? Des représentants de dix pays africains se sont réunis lundi à Yaoundé au Cameroun pour un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC). Objectif : affiner une stratégie de lutte commune.

Réunis autour du président camerounais Paul Biya, lundi 16 février, les dirigeants de la CEEAC ont abordé l’épineuse question de la lutte contre la secte islamiste. Sont présents dans la capitale camerounaise, les président Idriss Deby Itno (Tchad), Ali Bongo Ondimba (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo), Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale) et Catherine Samba Panza (Centrafrique). La République démocratique du Congo, Sao Tome et Principe, le Burundi et l'Angola étaient représentés par des membres de leurs gouvernements.

Cette réunion s'insère dans un long processus qui vise à mobiliser les troupes africaines et surtout à définir clairement le mandat et le rôle de la force régionale en cours d'élaboration. Parmi les sujets abordés figurent les moyens d’éradiquer le terrorisme islamiste dans la sous-région et la mobilisation d'une force militaire régionale. Des experts militaires se sont déjà réunis à Yaoundé pour délimiter les règles d'engagement de cette coopération qui devrait comporter près de 9.000 soldats, issus du Tchad, du Cameroun, du Nigeria et du Bénin. Mais cette feuille de route doit encore être soumise au Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, puis au Conseil de sécurité des Nations unies.

Au-delà des aspects juridiques, le Cameroun et le Tchad sont les deux pays qui se trouvent sur la ligne de front du groupe Boko Haram. Ils sont bien déterminés à mettre l'accent sur le nœud du problème : le financement de cette riposte militaire. « Intervenir militairement a un coût », a souligné un délégué présent à ce sommet. Côté camerounais, selon un responsable, « ce sont entre 6 000 et 7 000 soldats qu'il faut nourrir, soigner et équiper quotidiennement pour répondre à chaque agression du groupe islamiste ».

L’armée tchadienne apporte déjà son soutien depuis début février au Nigeria et au Cameroun pour repousser les assauts de Boko Haram. Le président Idriss Deby, président en exercice de la CEEAC, a appelé à une plus grande mutualisation des efforts contre le groupe islamiste. Il a exhorté ses collègues de l’Afrique centrale, dont les pays ne sont pas encore touchés par les actes terroristes, à manifester leur solidarité agissante envers les voisins les plus exposés aux actions des terroristes. Idriss Deby a invité la communauté internationale à apporter tout son soutien, matériel, diplomatique, financier, logistique et humanitaire aux efforts de la CEEAC.

Apporter une solution régionale

La nébuleuse islamiste active dans le nord-est du Nigeria, étend son emprise au Cameroun, au Tchad et au Niger depuis quelques mois. « Les islamistes de Boko Haram sont les partisans d'une société obscurantiste et tyrannique qui veulent saper les fondements d'une société moderne et tolérante, garantissant l'exercice des droits de l'homme et la liberté de religion » a indiqué Paul Biya lors de son discours d’ouverture de la réunion. Le président camerounais a également invité ses homologues à « éradiquer Boko Haram », rappelant que cette lutte n'était pas « une croisade contre l'islam ».

Dans un discours lu par un représentant, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon, a souligné toutefois qu'une solution purement militaire ne suffirait pas contre le terrorisme. Il a évoqué une approche multidimensionnelle pour répondre aux défis de la stabilisation à long terme, en allusion à l'importance du développement économique et social, dans des régions frappées par une grande pauvreté.

J.J.D (avec agences)


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