Des funérailles à l’image de la Reine Fabiola


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Des funérailles à l’image de la Reine Fabiola
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

Cathédrale_Saint_Michel_et_Gudule BRUXELLES_Cathédrale_Saint_Michel_et_Gudule_(10)Ce vendredi, la Belgique a rendu un dernier hommage à sa cinquième souveraine. La messe de funérailles, en la cathédrale des Saints Michel et Gudule, à Bruxelles, a été à l’image de cette qualité qui caractérisait la reine Fabiola : la simplicité.

Certes, on le sait, les volontés de la défunte n’ont pu être totalement exaucées ; protocle oblige. Les rois et les reines y sont hélas soumis, durant toute leur vie, et même au moment du départ pour la Maison du Père. Selon les informations qui ont filtrées, la reine Fabiola aurait voulu une cérémonie paroissiale dans son église de Laeken, entourées de ceux qu’elles nommaient « mes paroissiens ». Celle-ci eut bien lieu, mais après les funérailles nationales célébrées à la cathédrale, par le cardinal Danneels, par Mgr Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles et président de la conférence épiscopale et le nonce apostolique auprès du Royaume de Belgique, Mgr Berlocco. Plusieurs évêques étaient aussi présents. De nombreuses têtes couronnées avaient fait le déplacement, ainsi que des personnalités étrangères, sans oublier bien évidemment les membres des différents gouvernements et autorités du pays. Des anonymes aussi, venus rendre un dernier hommage à celle qui avait donné son cœur à notre pays et qui, durant 33 ans, a épaulé son époux, feu le Roi Baudouin, pour ensuite, pendant 21 ans, prendre le relais dans différentes associations venant en aide aux défavorisés et à ceux que la vie maltraitent, mais aussi son engagement au niveau culturel.

Simplicité de la cérémonie, donc, à l’image de cette grande dame qui était proche des gens. Son cercueil en a été le signe : d’un bois clair, il était tout sauf luxueux. Au point que la reine aurait dit : « Je l’ai choisi tellement moche, qu’on n’osera pas l’exposer ». Ce qui ne fut pas le cas. De même, le fait d’avoir déposé ce cercueil à même le sol n’a échappé à personne : signe d’abaissement qui pourrait dire que, bien qu’étant de famille noble, devenue reine, Fabiola était comme tout un chacun, petit face à Dieu.

Dans son homélie, le cardinal Danneels a lui aussi fait transparaître cette simplicité, en rappelant qu’elle était la conséquence de l’amour que le roi et la reine se portaient et qu’ils avaient à l’égard de la Belgique et de son peuple. Conséquence aussi de la foi que les souverains partageaient. « Le couple royal était ouvert à tous ceux qui souffraient ou étaient dans le besoin. Leurs innombrables gestes de charité, de bonté et de compassion envers tous en témoignent. Ce foyer royal fut animé par un amour dépassant l'intimité de leur famille : le pays entier en fut marqué ; ils s’aimaient d'un amour plus fort que la mort », a dit le cardinal. Qui s’est interrogé sur la source de cet amour, avant de répondrte que ce ne fut rien d’autre que leur vie de prière. « Le langage de ce couple fut le langage de la prière". On ne saura jamais combien ils ont prié pour tout et pour tous. La prière fut comme le battement de cœur de leur vie ».

« Dis toujours ‘oui’ à Dieu »

Des mots qui sont confortés par le choix de l’Evangile, à savoir les Béatitudes. Cet évangile a démontré aussi l’espérance de la reine qui, comme tous croyants, croit en la Vie éternelle. « Baudouin mourut inopinément. La foi de Fabiola continua de mûrir comme une grappe de raisins exposée au soleil d’automne. Elle désirait rejoindre son bien-aimé et s’en aller vers Dieu. Pour elle, la distinction entre le monde visible et invisible devenait quasi inexistante. Elle vivait comme si elle avait déjà accès au monde de Dieu et des saints ». Pour le cardinal Danneels, la reine Fabiola vivait de cette intime conviction : « Je mourrai, mais je vivrai ». « Pour elle, la mort n'était pas la fin, mais un passage. Elle disait : ‘’Je vis déjà au ciel ; même mon corps ressuscitera. Je crois dans la résurrection des morts!". Un article bien difficile de notre Credo », a-t-il assuré.

Et de conclure : « Que pourrait dire la Reine Fabiola à chacun de nous aujourd’hui ? Sans doute ceci : Dis toujours ‘Oui’ à Dieu. Ce sont d'ailleurs les paroles de son image-souvenir. "Dis toujours ‘Oui’ à Dieu et tu seras heureux. Viens et vois comment je suis très heureuse maintenant. Viens. Baudouin et moi nous t’attendons. Viens! ».

J.J.D.

Lire l'homélie du cardinal Danneels

Catégorie : Belgique

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