Sans-papiers, proies faciles de l’esclavagisme moderne


Partager
Sans-papiers, proies faciles de l’esclavagisme moderne
Par La rédaction
Publié le
3 min

travail

Arrivés clandestinement dans notre pays, certains sans-papiers sont des proies faciles pour l’esclavagisme moderne. Engagés illégalement, ils ont toutefois de droits que leurs patrons ne respectent pas.

Exploités, sous-payés, certains étrangers venus d’Europe de l’Est risquent gros pour goûter à la vie belge. Et quelle vie. Accueillis dans des conditions misérables, certains sont même prêts à payer pour être engagés. "Nous constatons deux types d’exploitations dans le milieu du travail : les travailleurs sans documents, qui ne sont pas en ordre avec leur permis de travail ou de séjour. Là, on est effectivement à la limite de la traite des êtres humains. Et, à côté de cela, on a ce qu’on appelle le dumping social, soit le travail temporaire qui a l’apparence de la légalité et qui concerne surtout les travailleurs des pays de l’Est ou du sud de l’Europe, surtout du Portugal," détaille le directeur du Service d’information et de recherche sociale (SIRS), Jean-Claude Heirman, dans le quotidien Le Soir.

Le directeur du SIRS constate toutefois une stabilité dans le nombre de dossiers, qui oscille autour de 1500 par an. Si ce chiffre parait relativement peu élevé, il est reste néanmoins "inquiétant". Le secteur de l’horeca figure parmi les professions les plus touchées par cet esclavagisme, à côté de la boulangerie artisanale et des cueillettes saisonnières. Quant au secteur du bâtiment, explique Jean-Claude Heirman, "les entrepreneurs préfèrent opter pour le dumping social, moins sévèrement sanctionné que l’exploitation d’illégaux."

"Les travailleurs sans papiers ont aussi des droits"

Pourtant, renseigne Jan Knockaert, directeur de l’Organisation pour les travailleurs immigrés clandestins (Orca), "les travailleurs sans papiers ont aussi des droits. Ils ont le droit de percevoir un salaire minimum. Ils ont droit à des assurances qui les couvrent en cas d’accident du travail. Ils ne peuvent pas travailler plus de 40 h/semaine. Les droits, c’est bien mais encore faut-il les faire reconnaître et respecter !" D'après Jan Knockaert, même certains étudiants participeraient activement à cette forme d'esclavage en rôdant aux alentours du Petit Château de Bruxelles pour espérer y trouver de la main d’œuvre pas chère qui les aidera à déménager leur kot.

Les travailleurs exploités se plaignent rarement de leur situation misérable. "La plupart du temps, ce sont des organisations qui donnent l’alerte en déposant plainte chez nous. Parfois aussi, le point de départ est une dénonciation de voisins. C’est rarement lors d’une opération de contrôle que l’on découvre ces travailleurs exploités, explique Henri Funk, auditeur du travail à Bruxelles. Les trop faibles moyens dont disposent les services d’inspection ne freinent en rien ces dérives. Seuls 12.000 à 13.000 contrôles sont effectués annuellement. Faute de preuve, trop peu d’exploitants sont condamnés.

Reste à attendre pour savoir si la lutte contre cet esclavagisme moderne deviendra une priorité pour nos futurs gouvernements.

ST (d’après Le Soir)

Catégorie : Belgique

Dans la même catégorie