Gaza : les armes se tairont-elles ?


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Gaza : les armes se tairont-elles ?
Par Jean-Jacques Durré
Publié le
5 min

Gaza - 2012  (c) FocolariQui aura le courage de dire « ça suffit » ? Comme le rappelait le pape François, un conflit ne se résout pas par les armes. Peu importe qui est dans son droit : il faut que les armes se taisent à Gaza. Il en va de la dignité humaine.

A quel prix la paix ? Le conflit qui oppose Israël et le mouvement islamiste Hamas semble ne plus pouvoir être arrêté. Aucune des parties ne veut perdre la face et c’est sans doute là que se situe le nœud du problème. D’un côté, Israël entend porter un coup décisif aux installations du Hamas, pour affaiblir sa force de frappe ; de l’autre le Hamas entend poursuivre ses tirs de roquettes tant que Tsahal ne se sera pas retiré de la Bande de Gaza et tant qu’Israël n’arrêtera pas son offensive militaire, aérienne et au sol. Bref, le cercle vicieux.

Un cercle vicieux que le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon tenteront de briser ce mardi, alors que le conflit en est à son 16e jour et que vingt Palestiniens et trois soldats israéliens ont perdu la vie en début de journée. Au total, ce sont près de 600 Palestiniens qui ont perdu la vie, et des milliers d’autres qui ont été blessés. Sans parler des personnes qui tentent de fuir en abandonnant tout. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a d'ailleurs appelé mardi Israéliens et Palestiniens à déposer les armes et à entamer des négociations pour que le conflit sanglant dans la bande de Gaza cesse enfin."Mon message aux Israéliens et aux Palestiniens est le même: Arrêtez de combattre, commencez à parler. Traitez à la racine les causes du conflit pour que nous ne soyons pas dans la même situation dans six mois ou un an", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Une chose est certaine: ceux qui ont atteint leur but, ce sont les assassins de trois jeunes israéliens, et ceux du jeune palestinien qui a suivi en guise de représailles. Ces événements ont déclenché cette nouvelle guerre.

Il faut le dire : c’est une catastrophe humanitaire qui se vit. Et nous ne pouvons y être indifférents. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut prendre parti pour un camp ou un autre. Il faut prendre le parti de l’humanité. Chaque jour, les télévisions et la presse nous apportent leur lot d’images insoutenables, de parents hurlant leur douleur sur le corps de leur enfant, de fillettes et de garçonnets mutilés, d’yeux dans lesquelles se lisent la peur mais aussi la colère et la haine. Ceux qui croient encore à une guerre « propre » se trompent. Les principales victimes sont civiles !

Jusqu’ici les appels au calme, et particulièrement ceux lancés par le pape François, encore ce dimanche lors de l’Angélus, sont restés sans réponse, hélas. Le pape François suit de très près les évènements à Gaza. Il a récemment téléphoné au président israélien Shimon Peres et au président palestinien Mahmoud Abbas ce vendredi 18 juillet, les assurant de sa prière et de celle de l’Eglise pour la paix en Terre Sainte. « Le Saint-Père s’est entretenu téléphoniquement ce matin avec les Présidents Peres et Abbas pour leur partager sa vive préoccupation quant à la phase du conflit touchant la Bande de Gaza. Dans un climat d’hostilité croissante, de souffrances pour les peuples palestinien et israélien, la situation s’aggrave faisant de nombreuses victimes et provoquant un état d’urgence humanitaire critique », a annoncé le Saint-Siège. Rappelons aussi que le pape avait envoyé un message aux catholiques de Gaza.

Dans une guerre, tout le monde est perdant !

A quand l’arrêt du conflit ? Difficile à répondre à cette question au demeurant cruciale, dont le corolaire est de savoir comment arriver à renouer un dialogue quand tant de souffrances ont été vécues ? La guerre est un facteur de haine qui peut parfois perdurer très longtemps. Cette spirale de violence doit pourtant s’arrêter. Vite. Dans cette logique idiote du « je ne veux pas perdre la face », on peut espérer qu’Israël, jugeant que les installations du Hamas sont hors d’état de nuire, estimera « avoir gagné » et stoppera son offensive. Masi rien n’est moins sûr.

Pourtant, les protagonistes devraient se rappeler que dans une guerre, il n’y a pas de vainqueurs. Comme l’a écrit, sur son profil Facebook, le père Jorge Hernandez, curé de Gaza, peu après le trêve avortée du 17 juillet, « en écoutant les deux parties impliquées dans cette guerre ridicule, il semble que les deux gagnent et qu’aucun ne perd. Mais la réalité est que TOUS perdent une guerre et que tout le monde devra payer les conséquences de tant d’aveuglement et de méchanceté ».

Et de poursuivre en précisant qu’au moment de courte trêve, il a visité quelques-uns de ses paroissiens : « Moments terribles. La peur, la confusion, le stress, les larmes… mais toujours, toujours, toujours à la fin de ses histoires, une louange à Dieu, confiante et profonde, jaillit, ce qui simplifie notre tâche et qui permet de rentre toujours plus et efficace le travail de Dieu. Comme est édifiante la capacité des gazaouis à tout remettre et à s’abandonner totalement à la Providence de Dieu. Si nous pouvions l’apprendre aussi ! Que Dieu illumine les esprits des gouvernants et change leurs cœurs. Dans l’attente de la bénédiction d’une paix durable et stable ; nous nous recommandons à vos prières ».

Puisse cet appel être entendus.

J.J.D.

Catégorie : International

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