Election présidentielle indonésienne : tous les coups sont permis


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Election présidentielle indonésienne : tous les coups sont permis
Par La rédaction
Publié le
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Ce mercredi 9 juillet marquera une nouvelle page politique en Indonésie. Au total, 187 millions d’électeurs se rendent aux urnes aujourd’hui pour élire leur nouveau président. La tension est montée entre deux candidats favoris qui semblent tout se permettre pour remporter le scrutin.

Les réseaux sociaux n’ont pas épargné les campagnes électorales de Joko Widodo (droite sur la photo), le gouverneur de Djakarta et de l’ancien chef des forces spéciales de l'armée, Prabowo Subianto. Selon l’agence Eglises d’Asie, certains internautes ont présenté le candidat Widodo comme étant un chrétien d’origine chinoise. Ce dernier, pourtant musulman originaire de Solo (Java-centre), s’est toutefois décidé, lundi 7 juillet, à faire le "petit pèlerinage" (oumra) à La Mecque pour faire taire les rumeurs. Quant à Prabowo, il n’a pas été épargné sur Twitter et youTube où certains le décrivent comme un psychopathe et une personnalité violente. "Ces campagnes de diffamation ont un impact très réel sur les électeurs ", assure Endy Bayuni, rédacteur en chef au Jakarta Post, interrogé par l’AFP. Car cette rumeur chrétienne peut faire toute la différence dans les motivations des électeurs musulmans. Bien que démentie, le fait que cette rumeur continue de faire parler d'elle sur la place publique inquiète les minorités religieuses du pays. En Indonésie, les catholiques représentent à peine 3% de la population du pays qui compte numériquement le plus de musulmans au monde. Même si la majorité musulmane est modérée, une petite frange extrémiste est favorable à l’instauration de la Charia. L’Eglise, bien qu’elle ne soit pas à l’abri de l’une ou l’autre discrimination, bénéficie toutefois d’une bonne réputation grâce à son action auprès des toxicomanes, véritable fléau du pays.

Dans les deux camps, les programmes politiques s’inscrivent en faveur de la liberté religieuse. Pourtant, la Gerindra, parti de Prabowo, veut s’octroyer le droit de "s’assurer de la pureté des religions officiellement reconnues" pour "les préserver de toute hérésie ou blasphème". Le président de l'Union des Eglises d'Indonésie, le Rév. Andreas Yewangoe, a réagi fermement en déclarant qu'il n'était "pas du devoir de l’Etat de vérifier la ‘pureté’ d’une religion".

S.T. (avec Radio Vatican et Eglises d’Asie)

Catégorie : International

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