Pourquoi pas une basilique de la paix à Cointe (Liège) ?


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Pourquoi pas une basilique de la paix à Cointe (Liège) ?
Par Diocèse de Liège
Publié le - Modifié le
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Le 4 août prochain, les dirigeants de nombreuses nations se retrouveront à Liège, en souvenir du début de la première Guerre mondiale.

Notre ville accueillera cette démarche de mémoire, car elle fut la première à souffrir de la guerre en 1914.

La cérémonie se déroulera sur l’esplanade de Cointe, au Mémorial interallié, qui domine la ville de Liège de ses 75m de hauteur, et au pied de la Basilique du Sacré-Cœur, dont seule la crypte est accessible et consacrée au culte, tandis que le reste de l’édifice est fermé depuis 2006 pour cause de détachement de plâtras et est désacralisé.

Face à la porte d’entrée, on trouve, sous les frondaisons, l’émouvant monument dédié aux Africains victimes de la guerre. Le site du Mémorial comporte les monuments érigés par l’Italie, la France, la Roumanie, l’Espagne, la Grande-Bretagne, la Pologne et la Russie. La veille de la commémoration, le dimanche 3 août, je concélébrerai la messe à la cathédrale avec un évêque allemand, Mgr Stefan Ackermann, évêque de Trèves.

Je voudrais ainsi manifester un signe concret de réconciliation, au moment où les anciens clivages risquent de remonter à la surface. Cela a fait naître en moi une idée: comme chaque pays des Alliés a construit un monument commémoratif de la Guerre 1914-1918, un geste fort serait de construire un monument aux victimes de la Guerre en Allemagne et en Autriche. Ceci serait d’autant plus significatif en province de Liège quand on sait que les victimes de la guerre à Eupen, Malmedy, Saint-Vith, Waimes et Baelen étaient des citoyens allemands. Ainsi tous les belligérants auraient leur monument et le site deviendrait un symbole de réconciliation.

Je voudrais à cette occasion lancer un projet de restauration de la Basilique du Sacré-Cœur et en faire une Basilique de la Paix, ouverte à toutes les religions et convictions. L’inscription de l’autel, en marbre de Carrare, est Cor Iesu, pax et reconciliatio nostra, miserere nobis. L’inscription du vitrail central est Sacré Cœur, prince de la paix.

L’inspiration qui a présidé à l’achèvement de l’édifice n’est donc pas la victoire des alliés, mais la paix et la réconciliation. Une fois restauré, le monument pourrait être un foyer d’animation sur la paix, à partir d’expositions permanentes et de documents interactifs accessibles aux jeunes, et un lieu de conférence, de prière et d’accueil de réunions sur la paix. Sa proximité avec la nouvelle gare des Guillemins le rend très accessible et son ouverture permanente rendrait le site beaucoup plus attractif qu’aujourd’hui.

Les nombreuses atteintes à la paix actuellement rendent indispensable une telle formation; l’attentat au Musée juif de Bruxelles ce 24 mai le montre: le fanatisme développé en Syrie rebondit directement en violence dans nos propres régions et en misère dans les pays victimes de la guerre. Un antidote est nécessaire.

Je fais donc appel à toutes les bonnes volontés, en particulier dans le monde politique, pour réaliser ce projet, si possible pour l’anniversaire de la fin de la Guerre, l’année 2018!

+ Jean-Pierre Delville,
Evêque de Liège

6 juin 2014


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