Microcrédit : Crédal fête ses 30 ans


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Microcrédit : Crédal fête ses 30 ans
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

Bernard Horenbeek-webPionnière en Europe pour le microcrédit, Crédal va fêter le 14 juin prochain ses 30 ans. Cette structure connaît une belle croissance, notamment en raison… de la crise. Interview avec son directeur, Bernard Horenbeek.

En accordant son tout premier crédit à une maison d’accueil pour sans-abri, le Crédal annonçait d'emblée la couleur de sa raison d'être: un établissement de crédit centré sur ce qu’on appelle aujourd’hui l’économie sociale: c’est-à-dire le secteur associatif, mais également toutes les entreprises d’économie sociale, des coopératives... Mais suite à la découverte de ce que faisait Muhammad Yunus au Bangladesh dans les années 90, Crédal s’est ensuite mis à faire du microcrédit pour les professionnels et, dans les années 2000, du microcrédit personnel, c’est-à-dire un crédit lié à un projet de vie qui ne peut pas avoir accès au crédit bancaire sans risque de surendettement ou de moyens de crédit très dangereux et très opaque.

Mobilisation sociale

Trente ans après sa fondation, le Crédal se porte très bien, avec une croissance de 12 à 15% par an de façon régulière. La société compte plus de 2.200 coopérateurs et emploie 31 personnes auxquelles il faut ajouter une centaine de volontaires qui font un travail d’accompagnement, des porteurs de projets au jour le jour qui sont là dans les comités de crédit pour faire les analyses. Car il y a une vraie mobilisation sociale autour de Crédal qui constitue également un observatoire de la situation économique en Belgique. Ce qu'elle constate: une augmentation des demandes de personnes dans des situations très difficiles. "On se rend compte que les demandes ne sont plus seulement du crédit mais viennent du crédit", explique Bernard Horenbeek. "Elles émanent de gens qui sont surendettés et notre travail est donc d'abord de leur permettre d’avoir accès à leurs droits sociaux mais aussi de les réorienter vers des services de médiation de dettes ou les aider à gérer leur endettement parce que, rajouter un crédit, ne ferait que rendre les choses encore plus difficiles".

Pierre GRANIER

Ecoutez l'interview intégrale de Bernard Horenbeek:

Catégorie : Belgique

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