Cardinal Zen : “Vous pouvez me décapiter, vous ne ferez jamais de moi un esclave !”


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Cardinal Zen : “Vous pouvez me décapiter, vous ne ferez jamais de moi un esclave !”
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Alors que Pékin tente de brider l’autonomie de la Région administrative spéciale de Hongkong, le cardinal Zen Ze-Kiun, évêque émérite de Hongkong, a réaffirmé son indépendance face à la dictature chinoise.

Cardinal Joseph Zen

"Vous (le gouvernement communiste), vous pouvez me ligoter, m’enlever ou me décapiter, mais jamais vous ne ferez de moi un esclave", a affirmé le cardinal Joseph Zen Ze-Kiun, âgé de 82 ans.

Il a enjoint les Hongkongais "à ne pas succomber à la fatalité mais au contraire à défendre leur dignité propre". "Si vous vous inclinez, si vous mettez un genou à terre, alors tout sera fini", a-t-il déclaré.

Hong-Kong: une liberté menacée

Pour le cardinal Joseph Zen, les Hongkongais doivent défendre la lettre et l’esprit de la formule "Un pays, deux systèmes". Selon cet accord négocié par Margaret Tatcher en 1985, l’ancienne colonie britannique de Hong-Kong serait rétrocédée aux Chinois en 1997, mais les libertés fondamentales y sont maintenues pour 50 ans. C’est pour cette raison que la région de Hong-Kong bénéficie toujours des droits de l’Homme, d’une économie libre et du respect des convictions.

Si le Parti Communiste Chinois voit d’un bon œil le capitalisme sauvage qui s’y développe (puisqu’il permet d’écouler facilement les biens bon marché produits en Chine continentale), il tente fréquemment de rogner les libertés des Hongkongais. Ainsi, seulement la moitié du parlement est élue par la population, le reste étant désignée par des affidés du Parti Communiste Chinois.

Depuis la publication, le 10 juin dernier, des dernières propositions de Pékin au sujet de Hong-Kong, la population locale est en ébullition. La presse et les organisations de droits de l’Homme craignent pour l’avenir et un mouvement de désobéissance civile a promis de bloquer le riche quartier d’affaire si les libertés fondamentales étaient toujours restreintes.

Le rapprochement Chine-Vatican mis à mal?

L’évêque actuel, le cardinal John Tong-Hon, a également pris la plume pour défendre la démocratie. Mais cette controverse locale sur les libertés fondamentales se pose avec une acuité plus particulière pour l’Eglise catholique. En effet, la dictature chinoise a toujours considéré l’Eglise comme un obstacle à son pouvoir et a donc créé une association fantoche (dite "l’Eglise patriotique") qui désigne ses propres évêques.

La nouveauté, c’est que cette association veut désormais mener des discussions avec le Vatican. Un grand pas qui permettrait de régler l’épineuse question des évêques illégitimes qu’elle a nommés… ainsi que celle des évêques nommés par le St-Siège et qui doivent fréquemment se réfugier dans la clandestinité. Si des contacts de ce genre ont déjà été noués, ils ont échoué à chaque fois.

Le nouveau président Xi Jinping semble relativement ouvert à une reconnaissance de relations officielles entre la République Populaire et le Saint-Siège. Mais pour le cardinal Zen, "le compromis n’est plus une option".

M.B.


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