Un politicien à la foi… Didier Gosuin (FDF), vendredi 16 mai


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Un politicien à la foi… Didier Gosuin (FDF), vendredi 16 mai
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min


Chaque jour, depuis le 14 mai dernier, les Médias Catholiques Francophones de Belgique reçoivent un représentant des cinq partis politiques francophones siégeant dans les institutions parlementaires. Ce vendredi 16 mai, c'était à Didier Gosuin, député région FDF et bourgmestre d'Auderghem, de donner son point de vue concernant l'Europe sociale, l'éthique et la bioéthique, l'immigration et la coopération au développement et, enfin, la place de la religion dans la société.

Sur son blog, Didier Gosuin affirme n'avoir aucune prédestination pour la politique. Pourtant, son engagement dans l'action publique fut précoce. Adolescent déjà, il était impliqué dans une série de mouvements visant à améliorer la qualité de vie et des loisirs des jeunes d'Auderghem, sa commune. Lors des élections de 1976, il franchit un pas supplémentaire en acceptant de figurer à la dernière place de la liste du FDF. Une décision importante puisqu'elle l'amènera, un an plus tard, à occuper le poste d'échevin en charge de la Jeunesse, de la Culture et, ensuite, de l'Urbanisme. Depuis ce premier mandat, il n'a jamais cessé d'exercer des responsabilités exécutives tant à Auderghem qu'à Bruxelles. Aujourd'hui, il est bourgmestre d'Auderghem et chef de groupe FDF au Parlement bruxellois.

Voici quelques extraits de son interview concernant les quatre thématiques évoquées ci-dessus:

1. L'Europe sociale

"Une Europe sociale est indispensable, si on veut éviter des situations de dumping. Aujourd'hui, il y a des sociétés belges qui deviennent slovaques pour avoir des frais salariaux plus avantageux. Ce n'est évidemment pas tenable, cette tension. Pour nous, la priorité, c'est d'aller progressivement vers des politiques beaucoup plus intégrées."

"Vous ne pouvez pas construire l'Europe, si vous laissez des pays sur le bord du chemin."

"Nous sommes sociaux parce que nous pensons qu'il faut un rôle régulateur de l'Etat."

"Les politiques ont une très faible marge de manœuvre. Il vaut donc mieux avoir un discours qui est plus nuancé plutôt que de présenter des pistes qui sont irréalisables."

"Le nationalisme, c'est le cancer de l'Europe."

2. Immigration et aide au développement

"On ne redressera jamais un pays si on ne commence pas par les fondements, à savoir l'éducation, l'encadrement sanitaire et les infrastructures."

"Faire croire, comme le font certains partis populistes, que l'on pourra changer les choses en matière d'immigration, c'est de la démagogie. En fait, c'est un travail à long terme. Il faut réorienter nos politiques de coopération. Il faut aider ces populations à rester chez elles plutôt que de les inciter à venir chez nous."

"Le problème de l'immigration à Bruxelles, c'est que l'on n'a pas pris la mesure de ce qu'il fallait faire pour accompagner ces populations. (….) Ce qu'il faut donner aux jeunes, c'est la qualification et les moyens d'être autonomes."

140516 Un politicien à la foi - Didier Gosuin (FDF)3. Ethique et bioéthique

"Je suis très prudent en matière de bioéthique. Le FDF, par exemple, a refusé d'entrer dans la logique de l'euthanasie pour les mineurs. Pourquoi? Parce que ce sont des sujets délicats, qu'il faut appréhender de manière complète. On ne peut pas traiter ça à la va-vite, comme on l'a fait. Ce qui nous gêne aussi, c'est que, comme souvent dans ce genre de dispositions, on reporte la responsabilité sur d'autres, et notamment sur le corps médical."

"Le problème, c'est que les médias sont manichéens. Ils nous demandent de caricaturer nos débats, d'expliquer en quinze secondes notre opinion sur des sujets qui sont sensibles. Les médias n'ont plus le temps de l'analyse, ni en termes de moyens ni en termes de volonté."

"Concernant l'euthanasie des mineurs, nous pensons que ce texte est très mal ficelé sur le plan juridique. On va créer des conflits plutôt que de résoudre des situations. Le débat a été tout à fait bâclé. On doit prendre le temps dans ce genre de matière et ne pas s'improviser législateur."

4. La place des religions dans la société

"Si on veut lutter contre le communautarisme, il faut des valeurs communes."

"Dans une école officielle, il n'est pas acceptable, selon moi, de créer des distinctions entre les élèves. La seule distinction acceptable, c'est le choix d'aller à tel ou tel cours philosophique ou religieux."

"Il faut pouvoir mettre les enfants en discussion par rapport à leurs convictions, pas pour les endoctriner, mais pour leur montrer la diversité de pensées. Ce n'est pas dans le rejet de l'autre que l'on va faire progresser la société. Aujourd'hui, nous portons des regards de méfiance à l'égard de quiconque ne partage pas notre culture, notre langue, nos convictions."

Pascal ANDRE

Catégorie : L'actu

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