Logement, emploi, religion : une discrimination subtile


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Logement, emploi, religion : une discrimination subtile
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Discrimination

Encore aujourd’hui en Belgique francophone, plus de 70% des victimes d’islamophobie sont des femmes. Un peu moins de la moitié de ces femmes sont âgées de 18 à 29 ans et 96% d’entre elles sont Belges. C’est ce qui ressort d’un rapport 2013 sur l’islamophobie dans notre pays, présenté hier, jeudi 20 février, par les associations du monde communautaire musulman Muslims Right Belgium.

Les secteurs les plus touchés par ce climat islamophobe sont ceux de l’emploi et de la formation. Les femmes voilées, affichant ainsi publiquement leur appartenance religieuse, sont les premières victimes des discriminations à l’emploi. Défenseur de l’émancipation des femmes, le président des Musulmans progressistes de Belgique, Fouad Benyekhlef, s’insurge dans les pages de La Libre Belgique. "En empêchant les femmes voilées d'accéder aux formations et à l'emploi, on les marginalise, on les rend dépendantes de leur famille et de leur communauté et on limite le développement de leur esprit critique."

Certes le débat politique sur le port du voile n’est pas tout neuf, mais tout de même, il est bon de s’interroger. Pourquoi une femme voilée aurait-elle moins de chance de décrocher un emploi qu’une autre? Et qu’en est-il d’une femme portant une croix autour du cou? Ne sommes-nous donc plus libres au point de ne plus pouvoir afficher nos croyances/convictions/appartenances, par des signes distinctifs?

Moins de 20% des victimes de discriminations ont le courage de l’exprimer auprès du Centre pour l’Egalité des chances. Les positionnements politiques contre le voile étant sujets sensibles, le phénomène marque d’autant plus les femmes qui portent cet ce symbolique morceau de tissu. Pourtant, certains hommes politiques ne se gênent pas, eux, de porter publiquement sur leur veston des signes prouvant clairement leur appartenance philosophique… Tiens, tiens… De cela, on ne parle pas dans les débats…

Un accès au logement: pas pour tout le monde

Autre phénomène marquant d’inégalité: la discrimination dans l’accès au logement. Car l’offre est là, mais elle ne s’adresse pas à tout le monde. L’année dernière, le Centre pour l’égalité des chances et de lutte contre le racisme a constaté 115 dossiers concernés. Cela fait de la discrimination dans le logement, le quatrième motif de plainte après les secteurs de l’emploi, d’Internet et de l’enseignement.

Le profil des candidats locataires discriminés? L’enquête révèle de manière évidente que les personnes d’origine étrangère sont les plus discriminés sur ce marché. Elles le sont au même titre que les bénéficiaires d’allocations sociales et que les ménages dont les revenus sont modestes.

Pour contourner la loi qui protège les discriminations à l’égard des demandeurs de logements, les propriétaires n’hésitent pas à recourir à de subtiles stratégies. Ces derniers n’hésitent pas à moins bien traiter les personnes à qui ils ne veulent pas louer leur bien lors de la visite. Ils demandent également des références du propriétaire précédent, parfois même de l’employeur, etc. Des stratagèmes utilisés pour dissuader les candidats non désirés.

Quid des agences immobilières?

Les tests réalisés lors de l’enquête révèlent que 42% des agences immobilières donnent raison aux exigences illégales et discriminatoires des bailleurs de refuser les étrangers. Quant au refus des propriétaires de louer un bien à un chômeur, 61% des agents immobiliers se disent prêts à suivre les instructions illégales du bailleur. Seule une petite minorité refuse de suivre les exigences discriminatoires des propriétaires qui font appel à leurs services.

Comme quoi un grand travail de sensibilisation reste encore à effectuer auprès de la population belge.

ST (avec La Libre Belgique)


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