Michelle Martin dans un couvent toscan ?


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Michelle Martin dans un couvent toscan ?
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Michelle Martin - profilSelon Sudpresse, le Tribunal de l’application des peines (TAP) de Mons a accordé à Michelle Martin une autorisation de se rendre en Italie pour une semaine. Elle souhaite nouer là-bas des contacts avec les responsables d’un couvent où elle pourrait s’installer.

Actuellement hébergée à Malonne chez les sœurs Clarisses, Michelle Martin voit sa liberté conditionnelle remise en question. Les sœurs vont en effet déménager vers Bruxelles pour rejoindre la maison du Chant d’Oiseau à Woluwe Saint-Pierre. On ne connaît pas encore l'échéance de ce changement de résidence pour les religieuses mais une chose est certaine: Michelle Martin, qui vivait à Malonne depuis la fin du mois d'août 2012, ne les accompagnera pas. Elle doit dès lors présenter un nouveau projet de réinsertion professionnelle et personnelle, et c'est pour cette raison qu'elle a sollicité cette autorisation de voyager jusqu'en Toscane.
La complice de Dutroux devrait se rendre dans la petite ville de Bagno a Ripoli, à 15 kilomètres de Florence, pour y rencontrer la communauté religieuse Cristo e la Riposta. Pour l'instant, il est seulement question d'un court séjour, pas encore fixé dans le temps.
Interrogé par Sudpresse, le responsable de cette communauté a indiqué n'avoir jamais entendu parler de Michelle Martin et n'avoir eu aucun contact direct avec elle, ni avec les autorités belges. "C’est via un groupe évangélique belge que j’ai répondu favorablement à sa demande. Nous savons qu’elle est sous pression médiatique en Belgique et nous sommes d’accord de lui offrir une retraite spirituelle dans notre groupe, rien de plus."
Pour que Michelle Martin puisse s'installer en Italie, le TAP de Mons devra approuver un nouveau plan de reclassement et s’assurer que les autorités italiennes ne s’opposeront pas à sa venue, comme l'avait fait le ministre français de la Justice qui craignait des "troubles à l’ordre public". Il faudra également que les autorités judiciaires italiennes acceptent d’assumer la surveillance de Michelle Martin…

Du courage…

Le couvent toscan fera-t-il preuve du même courage que les clarises de Malonne en acceptant d'héberger Michelle Martin? Et les autorités judiciaires italiennes accepteront-elles d'assumer la surveillance - on pourrait tout aussi bien parler de protection - de la femme la plus haïe de Belgique? Rien n'est moins sûr…
Ce qui est sûr en revanche, c'est qu'un jour, Michelle Martin sera libre, sans conditions. Condamnée à trente de prison, elle sera définitivement libre en 2026. Une perspective que semble refuser une très grande partie du pays qui souhaite la voir d'ores et déjà retourner derrière les barreaux plutôt que de la savoir en "vacances" en Italie.
Si ce retour à la case prison satisferait donc la majorité des Belges, il signifierait pourtant l'échec de notre société à assumer ses dispositifs mis en place pour le respect de la dignité humaine. La libération conditionnelle en fait partie. Elle est même un facteur important de lutte contre la récidive. La Justice ne pourra jamais faire cesser le sentiment d'horreur, ni réparer les souffrances subies par les victimes, qu'elles aient été commises par Dutroux et ses complices ou d'autres. Mais quand la Jutice des Hommes estime qu'un condamné a droit à une réinsertion, on ne peut faire d'exception, au nom de l'égalité des citoyens. Et en la matière, en acceptant d'héberger Michelle Martin, les clarisses de Malonne avaient donné l'exemple qui restera vraisemblablement sans suite.

P.G. (avec Sudpresse)

Catégorie : Belgique

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