L’Indonésie débat de la mention de l’appartenance religieuse sur la carte d’identité


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L’Indonésie débat de la mention de l’appartenance religieuse sur la carte d’identité
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Indonesie - carte identiteVice-gouverneur du district de Djakarta, et chrétien déclaré, Basuki Ahok Tjahaja Purnama a déclaré en décembre dernier qu’il était "temps qu’en Indonésie, la mention de l’appartenance religieuse soit retirée de la carte d’identité". "C’est une pratique discriminatoire", a-t-il ajouté, relançant un débat qui agite l’Indonésie depuis des années.

Selon la loi actuellement en vigueur en Indonésie, chaque citoyen doit mentionner sur sa carte nationale d’identité son appartenance à l’une des six religions reconnues par l’Etat (islam, protestantisme, catholicisme, hindouisme, bouddhisme ou confucianisme). Il existe également une septième possibilité (s’inscrire sous l’intitulé "autre"), laquelle est cependant peu choisie car elle expose le titulaire à de prévisibles discriminations.

Cette obligation a conduit des millions d’Indonésiens suivant des cultes non reconnus officiellement, ainsi que les membres de communautés religieuses stigmatisées (comme certains chrétiens dans des régions fortement islamisées), à se déclarer musulmans, la religion dominante du pays, afin notamment d’avoir accès à des emplois dans la fonction publique et à d’autres services dont ils sont souvent écartés (soins, éducation, etc.).

Garantir enfin l’égalité entre les citoyens

Devenu une figure dominante de la vie politique indonésienne, malgré le fait qu'il soit protestant et membre de la minorité chinoise, Ahok Tjahaja Purnama, le vice-gouverneur du district de Djakarta, réclame l'abolition de ce système afin de garantir l'égalité entre les citoyens et d'éliminer les discriminations que subissent fréquemment les non-musulmans. Evidemment, la suppression de l’indication de la religion sur la carte d’identité pourrait redéfinir complètement le paysage religieux de l’Indonésie, où 86% des habitants se disent officiellement musulmans. Ce qui explique les vives réactions que cette déclaration a suscitées au sein des mouvements islamistes.

P. A. (d'après La Croix)

 

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