Le pape François remet les pendules à l’heure


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Le pape François remet les pendules à l’heure
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Pape François 6Dans une interview au quotidien italien "La Stampa", publiée dimanche 15 décembre, le pape François revient sur certaines de ses paroles, qui ont parfois été mal interprétées, comme celles concernant les divorcés remariés et la place des femmes dans l'Eglise. Il se défend également d'être marxiste.

Constatant que certains de ses propos étaient mal interprétés, le pape François semble aujourd'hui animé d'une volonté de calmer le jeu et de modérer les attentes placées en lui depuis son élection. Dans un entretien accordé au vaticaniste de "La Stampa", Andrea Tornielli, et publié dimanche 15 décembre, il revient sur un certain nombre de points abordés lors d'interviews précédentes ou dans son exhortation apostolique "Evangelii Gaudium".

L'évêque de Rome commence par démentir les bruits selon lesquels il pourrait nommer dans un avenir proche des femmes cardinales. "C'est une plaisanterie", a-t-il expliqué, "et je ne sais pas d'où elle sort. Les femmes dans l'Eglise doivent être valorisées, pas 'cléricalisées'. Quiconque croit à cette idée de femmes cardinales est un peu atteint par le cléricalisme." Une mise au point qui va certainement refroidir l'enthousiasme de celles et ceux qui ont vu en lui le grand réformateur qui allait féminiser rapidement l'Eglise.

Le pape n'est pas marxiste

Autre sujet abordé par le pape: les critiques qui ont été émises par certains milieux conservateurs – notamment aux Etats-Unis – suite à la publication de son exhortation apostolique. Le volet économique du texte lui avait effectivement valu d'être accusé de "marxisme". "Il n'y a rien dans ce document qui ne soit dans la doctrine sociale de l'Eglise", a-t-il répondu à Andrea Tornielli. "Je ne me suis pas exprimé d'un point de vue technique, mais j'ai cherché à présenter une photographie de ce qui se passe. L'unique citation spécifique est celle de la 'rechute favorable', selon laquelle toute croissance économique, favorisée par le libre marché, réussit à produire, par elle-même, une meilleure équité et inclusion sociale dans le monde. Soit la promesse que, quand le verre serait rempli, il déborderait et les pauvres, alors, en profiteraient. Mais il est plein, le verre, comme par magie, s'agrandit et jamais rien n'en sort pour les pauvres."

A ses yeux, cette condamnation des inégalités engendrées par le système économique global actuel ne fait pas de lui un marxiste. "L'idéologie marxiste est erronée", précise-t-il d'ailleurs. "Mais j'ai rencontré, au cours de ma vie, de nombreux marxistes qui étaient des gens biens, alors je ne le prends pas comme une insulte."

L'œcuménisme de sang

Concernant les divorcés remariés, le pape se montre, par contre, peu loquace et se contente de redire l'enseignement de l'Eglise à ce sujet: "L'exclusion des personnes divorcées qui contractent un second mariage de la communion n'est pas une sanction. Il est important de s'en rappeler." Il souligne simplement que ce sujet sera abordé en profondeur lors du prochain consistoire, en février prochain, ainsi que durant le synode sur la famille qui se tiendra à Rome en octobre prochain. "Dans ces lieux, tant de choses seront approfondies et clarifiées."

Interrogé au sujet de l'unité des chrétiens, l'évêque de Rome rappelle qu'il s'agit pour lui d'une priorité, tout en définissant une nouvelle réalité: "l'œcuménisme de sang". "Dans les pays où l'on tue des chrétiens parce qu'ils portent une croix ou ont une Bible, les tueurs ne leur demandent pas s'ils sont anglicans, luthériens, catholiques ou orthodoxes. Leur sang est mélangé."

Fidèle à ses habitudes, le pape François a également lancé un nouvel appel à réduire le gaspillage de nourriture afin de partager avec ceux qui ont faim.

P. A. (avec La Croix, Apic et Radio Vatican)


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