La nouvelle Constitution du Vietnam déçoit l’Eglise


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La nouvelle Constitution du Vietnam déçoit l’Eglise
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Vietnam constitutionApprouvée le 28 novembre dernier par 98% de l'Assemblée nationale, la nouvelle Constitution vietnamienne entrera en vigueur le 1er janvier prochain. Mais les militants pour les droits de l'homme et les responsables religieux du pays sont loin d'être satisfaits de ce texte.

Selon l'ONG américain "Christian Solidarity Worldwide" (CSW), les responsables religieux, les intellectuels et les militants pour les droits humains, qui espéraient que la nouvelle Constitution du Vietnam soit le prélude à un véritable train de réformes politiques et sociales, sont déçus et frustrés. Non seulement, leurs recommandations n'ont pas été prises en compte, mais le nouveau texte, qui a été approuvé le 28 novembre dernier par 98% de l'Assemblée nationale, maintient la prédominance du Parti communiste dans les sphères politique et économique, et place la liberté religieuse sous étroit contrôle de l'Etat.

Certes, la nouvelle Constitution contient des dispositions qui protègent le droit de suivre ou non une religion, mais elle interdit aussi "l'usage impropre des religions ou des croyances dans le but de violer la loi". Une formulation tellement floue, estime la CSW, qu'elle permettra aux fonctionnaires qui s'opposent au développement des religions de réprimer facilement des responsables ou des groupes religieux.

Les propositions des évêques rejetées

En mars dernier, les évêques catholiques vietnamiens rédigé quelques observations et propositions concernant le projet de Constitution, en demandant des garanties constitutionnelles en matière de liberté de religion et de liberté d’expression. Ils réclamaient également des pouvoirs plus importants pour l’Assemblée nationale, la distinction entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, et leur totale indépendance. Mais aucune de leurs recommandations n'a été prise en compte, pas plus, d'ailleurs, que celles émises par un groupe de 72 intellectuels et anciens hauts fonctionnaires.

Cela n’a pas empêché le Vietnam d’obtenir un siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le 12 novembre dernier, malgré les critiques d’un certain nombre d’instances internationales, qui dénoncent les manquements au respect des droits de l’homme dans ce pays.

P. A. (d'après Radio Vatican et La Croix)

Catégorie : International

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