Bangladesh: une déferlante islamiste sur Dacca


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Bangladesh: une déferlante islamiste sur Dacca
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

A l’issue d’un week-end de manifestations et de violences ininterrompues, les islamistes ont lancé un ultimatum au gouvernement, rapporte le 9 avril 2013 l'agence d'information Eglises d'Asie. Ils ont annoncé que leurs protestations s’étendraient à tout le pays si les autorités ne cédaient pas à leurs revendications : condamner à mort les blogueurs "athées" et mettre en place une loi anti-blasphème.

Malgré les mesures de sécurité prises par le gouvernement, qui avait fait déployer dans la capitale et aux alentours des milliers de policiers et d’unités paramilitaires, la "Grande marche" lancée par l’Hefajat-e-Islam, mouvement religieux lié au Jamaat, le parti islamiste d’opposition le plus important du Bangladesh, a bien eu lieu. Ses organisateurs appellent aujourd’hui leurs partisans à poursuivre les protestations.

Entre 200'000 et 500'000 extrémistes musulmans, selon les sources, ont déferlé samedi sur la capitale, rejoignant des milliers de partisans qui avaient déjà rallié Dacca la veille afin de contrer le blocus annoncé par leurs opposants. Samedi 6 avril, scandant "Dieu est grand, pendez les blogueurs athées !", cette marée humaine a envahi Dacca, se heurtant rapidement aux partis et organisations ayant appelé à la grève générale contre le Hefajat.

Le débat sur la laïcité de l’Etat, s’il n’est pas nouveau au Bangladesh, a pris ces derniers mois des proportions encore jamais atteintes. Les tensions ont été exacerbées par les premières condamnations de la Cours de justice internationale, mise en place par le gouvernement de Sheik Hasina, pour juger, quelque quarante ans après les faits, les crimes commis lors de la guerre d’indépendance du Pakistan de 1971. Les accusés sont tous des leaders ou des membres éminents du Jamaat et du BNP, le parti nationaliste du Bangladesh. Leur procès a déclenché depuis janvier des émeutes et des violentes manifestations au cours desquelles plus d’une centaine de personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées.

La peine capitale pour les criminels de guerre

S’opposant à ces mouvements d’indignation, des milliers de jeunes et de membres de la société civile sont également descendus dans la rue pour demander la peine capitale pour tous les responsables de crimes de guerres comme Abdul Kader Mullah, et pour l'interdiction de leurs partis, au nom des "martyrs" de 1971. Les affrontements entre militants "athées" et radicaux religieux ont encore augmenté en intensité avec l’assassinat par décapitation en février dernier du blogueur Rajib Haider, et plus récemment avec l’arrestation puis l’emprisonnement début avril de quatre blogueurs. Ces derniers risquent dix ans de prison pour avoir "diffamé l’islam".

Apic/eda


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