Et pourquoi pas un pape asiatique ?


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Et pourquoi pas un pape asiatique ?
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, est présenté par nombre de vaticanistes comme l’un des seuls, voire l’unique, ‘papabile’ issus des Eglises d’Asie.

Les pronostics sur la nationalité du prochain pape vont bon train. Si les favoris sont plutôt à chercher du côté de l’Amérique du Sud et de l’Europe, l’élection d’un outsider originaire d’Afrique ou d’Asie n’est pas à exclure. Lorsqu’on évoque cette possibilité, le cardinal Tagle se borne à répondre que devenu archevêque de Manille depuis à peine plus d’un an, il n’avait pas encore pris la pleine mesure de sa charge pastorale quand il lui a été demandé d’assumer le cardinalat. "Je ne suis cardinal que depuis deux mois..."

"Je m’apprête à exercer l’un des devoirs les plus importants du cardinalat, devoir dont j’admets volontiers que je ne sais encore rien", a déclaré Mgr Tagle le 17 février dernier, à Quezon City. A 55 ans, quasi benjamin du collège cardinalice (seul le cardinal Thottunkal, 53 ans, de l’Eglise syro-malankare, est plus jeune que lui), Mgr Tagle suscite à l’évidence beaucoup d’intérêt. Il est jeune, communicatif, disponible; ne cache pas ses émotions, ni les larmes qu’elles peuvent provoquer – par exemple lors de la remise de la barrette cardinalice des mains de Benoît XVI. Ce docteur en théologie intellectuellement brillant a été membre de la Commission théologique internationale de 1997 à 2002. A l’image de l’Eglise des Philippines, il apparaît comme jeune et dynamique.

Une Eglise crédible face aux inégalités

Après la génération des grandes figures de l’épiscopat philippin des cardinaux Sin et Vidal, Mgr Tagle incarne une nouvelle génération d’évêques, responsables d’une Eglise toujours bien présente sur la scène politique mais dont le rôle d’instance de dernier recours est de plus en plus contesté sur le plan éthique comme social. Face aux défis d’une transition démocratique imparfaite, d’une croissance économique très inégalitaire et destructrice de l’environnement, les évêques philippins s’attachent à rendre plus "crédible" le message évangélique porté par l’Eglise.

Chinois par sa mère

Né le 21 juin 1957 dans une famille de la classe moyenne de Manille, d’origine chinoise par sa mère, Antonio Tagle a fait ses études supérieures à la prestigieuse université jésuite de l’Ateneo de Manila. Ordonné prêtre en 1982, il parachève sa formation à Rome, à la Grégorienne, puis à l’Université catholique d’Amérique, aux Etats-Unis. Dès 1997, il est appelé à siéger à la Commission théologique internationale, alors présidée par le cardinal Ratzinger. Selon le jésuite philippin Catalino Arevalo, "’Chito’ Tagle ne doit pas être analysé selon des critères le qualifiant de ‘conservateur’ ou de ‘libéral’. Il est avant tout un pasteur et les controverses théologiques ne l’intéressent pas pour elles-mêmes. Ce qui lui importe, ce sont les développements pastoraux induits par les arguments théologiques". Quant à la proximité du cardinal Tagle avec le pape Benoît XVI, le jésuite souligne que ce dernier ne l’aurait pas nommé évêque d’Imus en 2001 puis transféré sur le siège de Manille en 2011 s’il n’avait pas été certain de pouvoir compter sur lui. Confiance que son élévation au cardinalat le 24 novembre dernier n’a fait que confirmer. Lors du récent Synode pour la nouvelle évangélisation, où il figurait parmi les délégués choisis par le pape, Mgr Tagle avait fait forte impression en appelant l’Eglise à plus de "simplicité évangélique".

(apic/eda)

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