4 jours à Ciney pour souffler … et se laisser inspirer !


Partager
4 jours à Ciney pour souffler … et se laisser inspirer !
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
5 min

Du dimanche soir 6 janvier au jeudi 10 janvier plusieurs dizaines de prêtres (plus ou moins 65 de Bruxelles et du Brabant wallon) se sont retrouvés à l’initiative de l’archevêque de Malines-Bruxelles pour prendre du temps ensemble. Logés au Mont de la salle à Ciney, le but assigné de la rencontre était de se former, de prendre le temps de se connaître, de prier et se laisser inspirer par des personnes de valeur pour réfléchir. Le père Michel Rongvaux qui participait à la session signe le billet qui voici.

"Au bout des quatre jours on peut dire que l’essai est transformé : l’archevêque nous a partagé qu’il sentait cet esprit qui courait entre nous et la profondeur de nos partages, comme de notre écoute, et de nos temps de repos.

Qu’est ce qui a fait courir ces 65 prêtres et quelques évêques dans le lot : la phrase d’un psaume : « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ; le fils d’un homme que tu en prennes souci ! » C’est donc l’humain et la vocation humaine qui étaient au cœur de la réflexion et du partage. Tour à tour la question a été abordée par des orateurs de tous poils : le père Bernard Poupard de Clerlande a réfléchi à partir de la culture d’un livre de Guillebaud le dimanche soir. Le lundi c’est le père Jean Radermakers qui nous a embarqué dans la Terre promise de la Bible et qui nous a fait scintiller comme un feu d’artifices quelques uns des ressorts de l’Ecriture pour nous en faire percevoir le sens de l’homme biblique avec toute son épaisseur concrète non sans nous inviter à découvrir la profondeur de notre mission qui est de faire découvrir à l’autre qu’ il est habité de Dieu. Après nous avoir fait travailler sur les textes de l’adoration des Mages et celle de la « première homélie » de Jésus à Nazareth en petits-groupes ce partage a fait ressortir et ô combien que de laisser la Parole s’ouvrir à nous provoque des découvertes surprenantes … même pour ceux qui ont l’habitude de la servir dans la prédication.

Le mardi Olivier Servais anthropologue, sociologue nous a embarqué dans un wow-trip . Wow (World of Warcraft) est un jeu de rôles que 14 millions de personnes suivent sur internet et qui leur fait vivre pas seulement du temps de loisir mais une vraie « communauté de vie ». A travers le jeu de rôle une certaine capacité à s’exprimer les uns avec les autres ouvre un champ neuf à une forme d’intériorité sur le net … et en tous les cas de solidarité : dans ce jeu de rôles les acteurs sous leurs avatars respectifs ont créé de leur propre chef une « célébration » pour permettre de faire mémoire de l’un des leurs mort récemment. Ce jeu est un jeu où l’on fait l’expérience que à jouer pour soi on n’arrive nulle part, il faut entrer dans une guilde où la solidarité est de mise … Un jeu qui apprend à refuser la jungle et qui apprend – en s’amusant – à s’appuyer l’un sur l’autre : on croirait lire saint Paul non ? « Portez-vous les uns les autres ». Derrière cet exemple Olivier Servais nous a montré l’émergence d’une humanité nouvelle liée à ces nouvelles manières de vivre-d’être en société … Tout un champ à parcourir !

Mardi après-midi c’est Mr Polet qui a initié au monde du beau. Les questions/réponses ont révélé l’intérêt du sujet et la capacité de l’orateur à en rendre compte. Mardi soir, c’est l’ouïe qui était titillée par les musiques de la bienheureuse Hildegarde von Bingen que le pape a récemment béatifiée : une femme hors normes qui s’est déployée en de multiples domaines (musique – plantes et simples – visions – diététique) et qu’il valait la peine d’entendre.

Mercredi c’était au tour de notre archevêque de nous replonger dans « Gaudium et Spes » et la vision optimiste sur l’être humain qui s’en dégage et dit quelque chose de la manière d’exercer notre ministère au service de l’humanité.

Mercredi après-midi, le chanoine Olivier Bonnewijn nous a dans un exposé étonnant conduit au cœur de la question fondamentale que pose à notre société et à l’Eglise la théorie du gender qui a commencé à se révéler comme une véritable transformation de ce qu’est l’être humain. Entrer dans ce genre de langage empêche de pouvoir donner droit à des valeurs et des manières de vivre qui nous sont chères : paternité, maternité, filiation, … Et s’il ne l’empêche, il le défigure tout au moins. Mais lorsque ces théories deviennent les théories normatives pour l’OMS ou d’autres, la question de leur légitimié mérite d’être posée avant que nous ne découvrions que – par exemple- les enfants dans nos écoles sont tenus d’y adhérer sous peine d’être marginalisés et que leurs nouveaux manuels ne font plus droit qu’à ce qui ne reste qu’une théorie ...

Jeudi c’était au tour de témoins de s’adresser à 4 auditoires pour revisiter quatre questions : la catéchèse , les soins palliatifs en fin de vie, un homme issu du monde de l’entreprise, et des personnes engagées dans l’accompagnement des jeunes pour leur permettre de comprendre leur affectivité et leur sexualité et en percevoir le sens.

Au-delà de cette énumération de noms et d’enjeux, il faudrait citer la prière des heures qui nous aidé à « consacrer » le temps et lui faire donner son sens pour nous … Les textes en ces lendemains d’Epiphanie s’y prêtaient admirablement bien et la lettre de saint Jean qui développe qui est ce Dieu dont « Amour » est le nom nous ont donné des repères durables.

Le frère André des frères des Ecoles chrétiennes nous a aidés à faire de ce séjour un temps fort et fondateur … On en redemande déjà …

A la dernière eucharistie à la litanie de tous les lieux-dits d’insertion des confrères au Brabant wallon présents à la session (tirée de la messe du Roman Pays) a répondu la litanie des noms des Unités pastorales de Bruxelles où vivent les confrères bruxellois auxquelles s’ajoutait la mention de notre bonne ville archiépiscopales de Malines et le Vlaams Brabant. Les prêtres néerlandophones de Bruxelles et du Brabant flamand auront bientôt une semblable session préparée à leur intention.

Au terme c’est donc d’abord un MERCI qui s’élance à tous ceux et celles qui ont rendu possible cette session, qui y ont cru en y venant et qui l’ont rendue savoureuse par leurs apports de tous types. Merci à nos trois évêques qui nous ont visités comme les Mages … et peut-être terminer en disant aussi : à très bientôt !"

Catégorie : Belgique

Dans la même catégorie