Vives réactions face à un décret régionaliste de l’enseignement


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Vives réactions face à un décret régionaliste de l’enseignement
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

Chaque ministre de l'Enseignement ambitionne de laisser une marque sur celui-ci. Cette fois, c'est le liégeois Jean-Claude Marcourt qui tente d'imposer une régionalisation de l'enseignement, faisant fi des liens déjà existant entre les institutions, tels l'ICHEC, implanté à Bruxelles, et l'UCL, dans le Brabant wallon. Faire primer l'emplacement géographique sur des synergies et des collaborations déjà établies relève d'une autorité étatique que l'on peut qualifier d'abusive, voire d'une méconnaissance de la réalité du terrain.

Solidaires avec leur institution, les étudiants de l'ICHEC ont pris la plume pour dénoncer ce projet et ses conséquences : "Les étudiants de l'ICHEC ont peur. Peur car la liberté de chacun d'entre nous se voit menacée. En effet, avec le décret porté par Monsieur Marcourt, tout ce qui fait le pluralisme des méthodes d'enseignement au sein de notre région n'existera plus.". Et d'ajouter : "Mettre une université avec laquelle l'ICHEC n'a pas construit de relation de collaboration comme référence, c'est uniformiser l'éducation et détruire la diversité.".

Même son de cloche du côté du SeGEC, le Secrétariat général de l’enseignement catholique, qui s’oppose à l’avant-projet de décret relatif au paysage de l’enseignement supérieur proposé actuellement par le ministre Marcourt. A l’échelle de la communauté française, le "poids relatif" de la population étudiante des institutions contrariées par ce texte est de l’ordre de 40% pour l’ensemble des Universités, Hautes Ecoles, Ecoles supérieures des Arts et de promotion sociale. Réuni ce jeudi soir en conseil d’administration, le SeGEC a identifié comme principales difficultés : un modèle de gouvernance où l’autorité publique est considérée comme "super organisateur" et des restrictions aux libertés constitutionnelles d’enseignement et d’association. Il regrette également une régionalisation larvée de l’enseignement supérieur.

Le SeGEC demande au gouvernement de la Communauté Wallonie-Bruxelles d’amender ce texte en conséquence en veillant au respect de trois principes : le maintien des habilitations au niveau des institutions, l’insécabilité du lien entre la Wallonie et Bruxelles, et enfin le respect de l’autonomie et des responsabilités des différentes parties prenantes qui est le meilleur garant de la qualité de l’enseignement.

Angélique Tasiaux


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