Télé-Service: Les spécialistes du premier pas


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Télé-Service: Les spécialistes du premier pas
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

À Bruxelles, entre canal et Senne, Télé-Service offre un accueil inconditionnel pour les personnes et les familles les plus démunies. Remettre les gens debout, les aider à réussir leur vie, telle est l'ambition de cette "maison d'humanité".

"Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine…". Voilà ce qui est écrit sur l’une des portes de la consigne, au sous-sol du n°28 du boulevard de l’Abattoir. Il s’agit de la première ligne de l’article 23 de la Constitution, article affiché dans son intégralité dans cet accueil de jour où, tous les matins, de nombreux sans-abri se retrouvent. Certains y ont leurs habitudes, et même une armoire dans laquelle ils entreposent leurs affaires. Pour d’autres, c’est la première étape en vue d’un accompagnement pour se "remettre debout" et ne plus rester dans la rue. On vient y faire un brin de toilette, se raser, faire sa lessive. On s’y réchauffe le corps avec un petit café et le cœur avec la chaleur humaine d’un accueil individualisé en compagnie d’Yves ou de Sophie…
Lancée il y a 15 ans, cette "Consigne article 23" fait partie d’un ensemble de services proposés par Espace social Télé-service. Cette structure fondée par le père Gielen en 1961 a pris énormément d'ampleur depuis sa mise en place. Au point que l'association est devenue un Centre d’action sociale globale (CASG) agréé par la Commission communautaire française (COCOF) et de surcroît placé sous le haut patronage permanent de la Reine Fabiola. 50% de ses dépenses sont ainsi subsidiées, le reste provenant de dons de particuliers et d'entreprises.
À l'heure actuelle, près de 10.000 dossiers sont ouverts auprès de cette CASG qui emploie une trentaine de salariés mais aussi et surtout 250 bénévoles (représentant l’équivalent de 27 emplois à temps plein). Ces derniers amènent leur propre expertise: couturier, infirmier, banquier, magistrat, agent immobilier… Quels que soient leurs profils et leurs origines, leurs religion aussi (la structure est devenue pluraliste) "tous partagent l’humanité de la maison" indique Michel Kesteman, l’administrateur-délégué. Et tous travaillent pour donner un avenir à ceux qui viennent les solliciter. "Notre objectif est de les sortir d’une situation de dépendance; de trouver une solution structurelle pérenne", explique cette figure bien connue du milieu catholique francophone.

Une dizaine de services

Cela ne veut pas dire que Télé-Service ne distribue pas de colis alimentaires - au contraire, elle a même contribué à la fondation de la Banque alimentaire de Bruxelles et elle est partenaire des Restos du cœur - mais son objectif social va beaucoup plus en amont des difficultés. Si de ce fait son action est plus difficile à traduire en images pour les médias, il n’en reste pas moins que la solidarité qu’elle incarne est des plus citoyennes et des plus proches du message de l’Évangile.
Au service social, Edwige et Sakina sont les premières à accueillir et écouter ces personnes en difficulté. Elles témoignent de ces familles qui doivent se chauffer, se nourrir, se soigner et éduquer leurs enfants avec seulement 17 euros et 6 ampères par jour. Au-delà de l’aide matérielle qu’elles peuvent débloquer, elles ont surtout un gros travail d’information et d’orientation, ce qui fait dire à Michel Kesteman que "Télé-Service est le spécialiste du premier pas". Quand les dossiers sont beaucoup plus complexes et les montants plus importants, le service juridique prend le relais ainsi que le précieux service agréé de médiations de dettes auquel il est bon d'avoir recours avant que les huissiers n'interviennent.
L’action de Télé-Service touche également les jeunes, qu’il s’agisse de conseils en orientation, de sensibilisation sociale, de rattrapage scolaire individuel ou en École des devoirs. Au total, une dizaine de services sont ainsi proposés, dont le planning familial, "Les petits boulots" qui permettent d'effectuer des petits chantiers (déménagement, peinture, isolation de bâtiment…) pour des familles sans ressources et en même temps d'insérer de jeunes travailleurs, sans oublier le magasin de vêtements de seconde main ( le "shop Lézabi"), un atelier couture... Autant d'espaces de solidarité et de lien social, indispensable pour traverser le carrefour des difficultés sociales.

Pierre GRANIER

Pour tous renseignements: 02/548.98.00 – Pour faire un don, compte IBAN n°BE62-2100-2049-7061

Photo: Au côté de Michel Kesteman, Mireille, responsable du tri pour le "shop Lézabi"

Catégorie : L'actu

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