Nigéria: Amnesty pointe du doigt le gouvernement


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Nigéria: Amnesty pointe du doigt le gouvernement
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Amnesty international dénonce, dans un rapport du 1er novembre 2012, les actions brutales des forces de sécurité nigérianes. Selon l’organisation, leurs opérations violentes en réponse aux actes de terrorisme de Boko Haram, un groupe islamiste du Nord du pays, ne font que rendre la situation encore plus désespérée.

Le rapport, intitulé "Nigeria: Trapped in the cycle of violence", décrit à la fois les horreurs perpétrées par Boko Haram et les graves violations des droits humains commises, en réaction, par les forces de sécurité. Il est notamment question de disparitions forcées, de torture, d’exécutions extrajudiciaires, d’incendies volontaires de maisons et de détentions sans procès.

« Ce cycle d’attaques et de contre-attaques est marqué par des violences illégales de la part des deux camps, avec des effets dévastateurs pour les droits fondamentaux des personnes piégées au milieu », a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International. De graves atteintes aux droits humains ont été perpétrées par Boko Haram, qui a notamment commis des meurtres, incendié des écoles et des églises, mené des attaques contre les locaux de médias et s’en est pris à des journalistes. Le rapport décrit aussi le climat de peur grandissante qui fait que la population est trop effrayée pour signaler les crimes et les journalistes n’en parlent pas, craignant pour leur sécurité.

Les forces de sécurité hors de contrôle

Dans le même temps, Amnesty International estime que les opérations de sécurité visant Boko Haram sont conduites sans égard pour les droits humains ou l’état de droit. Des centaines de personnes accusées d’avoir des liens avec Boko Haram sont arrêtées de façon arbitraire. Il existe des soupçons de torture et de meurtre des détenus. « Le gouvernement du Nigeria doit prendre des mesures efficaces afin de protéger la population contre la campagne menée par Boko Haram, mais ces mesures doivent rester dans les limites des règles de l’état de droit. Chaque injustice perpétrée au nom de la sécurité ne fait qu’engendrer plus de terrorisme et crée un cercle vicieux de meurtres et de destructions », conclut le rapport.

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