Tensions autour du “mariage pour tous”


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Tensions autour du “mariage pour tous”
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

 

Le projet de loi sur le "mariage pour tous" a été adopté par le gouvernement français, le 7 novembre. Selon François Hollande, le mariage homosexuel sera "un progrès pas seulement pour quelques-uns mais pour toute la société".
Avant d'entrer en application, le texte doit encore être examiné et ensuite adopté par les deux chambres du Parlement.

Une grande partie de la population continue à s'opposer à ce projet de loi du "mariage pour tous". L'ancien Premier ministre, François Fillon, a même annoncé que si le texte était voté l'opposition le remettrait en cause en cas d'alternance. Quant au président de la conférence épiscopale, le cardinal André Vingt-Trois, il a appelé les catholiques à écrire aux élus pour les saisir de la "gravité de l'enjeu".
"Une vision de l'être humain sans reconnaître la différence sexuelle serait une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société", a déclaré Mgr Vingt-Trois qui ajoutait : "Face à ces grands enjeux, c'est à la conscience personnelle du responsable politique d'exercer ses choix avec liberté et courage. La liberté doit se gagner et se défendre face aux lobbies qui saturent les espaces de communication. La liberté doit résister au conformisme de la pensée 'prête à porter' qui évite de trop s'interroger.".

Les Associations Familiales Catholiques vont intensifier leur mobilisation auprès des parlementaires et des maires et réaffirment leur vive opposition à ce texte. Elles appellent les élus à leur responsabilité personnelle. "Les familles ne demandent pas à l’Etat de leur dire ce qu’elles sont, elles lui demandent au contraire de les soutenir et de les renforcer", peut-on lire. "Les Français ne comprendraient pas que l’on fasse de ce dossier une priorité quand l’emploi, le pouvoir d’achat préoccupent au premier chef les Français."

Dans une déclaration datée du 13 octobre 2012, la Fédération protestante de France (FPF) estime que le projet de "mariage pour tous" porté par le gouvernement "apporte de la confusion dans la symbolique sociale et ne favorise pas la structuration de la famille". De même, l’assemblée des évêques orthodoxes de France a publié, le 2 octobre, une prise de position soulignant l’importance de la complémentarité homme-femme. Les évêques mettent en avant la dimension "sociétale" du mariage, qui ne saurait selon eux être dissociée de la notion de couple, de conception de la famille, de filiation, d’adoption, d’éducation des enfants, d’altérité, ou encore de régimes matrimoniaux.
Le grand rabbin de France Gilles Bernheim s’est également opposé à la loi autorisant le mariage homosexuel et l’homoparentalité. Dans un essai de 25 pages diffusé le 17 octobre, il estime que le projet brouille de façon irréversible : les généalogies (en substituant la parentalité à la paternité et à la maternité), le statut de l’enfant (passant de sujet à celui d’un objet) et enfin la différence sexuelle comme donnée naturelle. Par ailleurs, en septembre dernier, Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman, a réaffirmé que "l’islam n’autorise pas le mariage entre deux personnes de même sexe". Dans la tradition musulmane, le mariage est "un pacte fondé sur le consentement mutuel en vue d’établir une union légale et durable, entre un homme et une femme, et ayant pour but de fonder une famille stable".

Pendant ce temps, en Espagne, le tribunal constitutionnel a validé la loi de 2005 sur le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, rejetant un recours de la droite au pouvoir qui a indiqué, peu après l'annonce, renoncer à modifier cette loi votée lors de la législature précédente…

news.va/apic/at


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