Danger : utilisation de sous-munitions en Syrie


Partager
Danger : utilisation de sous-munitions en Syrie
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

Handicap International dénonce l’utilisation de sous-munitions en Syrie. Or ces armes font l’objet d’un traité international d’interdiction totale, entré en vigueur en août 2010.
L'utilisation des sous-munitions a été confirmée par l’association Human Rights Watch sur Maaret Al-Noomane, une ville du nord de la Syrie. L’organisation avait déjà fait mention en juillet et en octobre derniers de l’utilisation de ces armes en Syrie.

Handicap International rappelle que 94 % des victimes recensées des sous-munitions sont des civils. L’utilisation de sous-munitions dans des zones densément peuplées représente une menace particulièrement inacceptable pour les civils. Ces armes sont aujourd’hui interdites par le Traité d’Oslo, signé par 111 Etats dans le monde, qui en proscrit l’utilisation, la fabrication, le stockage et le commerce. Handicap International est l’un des acteurs majeurs de l’obtention de ce Traité. Même si la Syrie n’est pas actuellement Etat partie au Traité, elle se distingue par une attitude en rupture avec la pratique des autres Etats non parties, qui s’abstiennent de faire usage de ces armes.

Handicap International est préoccupée par la persistance des combats et des bombardements dans les zones densément peuplées, qui ne cessent de faire des victimes parmi les populations civiles et ne respectent pas le principe de discrimination entre combattants et non combattants, inscrit dans le droit international humanitaire. Ces affrontements engendrent notamment la présence de restes explosifs de guerre dans les zones d’habitation, qui constituent une menace constante pour leurs habitants, même après l’interruption des combats.

Les Conventions de Genève stipulent que les parties en conflit doivent s'abstenir de prendre pour cibles des civils ou des biens à caractère civil. Elles doivent adhérer rigoureusement à la définition des objectifs militaires et respecter scrupuleusement l'interdiction des attaques menées de façon disproportionnée et sans discrimination. Elles doivent en outre protéger les populations civiles contre les effets du conflit. Handicap International appelle donc les parties au conflit à se conformer à ces règles, et à cesser les violences à l’égard des populations civiles notamment en stoppant immédiatement l’utilisation de ces sous-munitions.

Handicap International est témoin chaque jour des conséquences des combats qui se déroulent en Syrie. Les équipes de l’association, basées au Liban et en Jordanie à proximité des frontières, voient arriver quotidiennement des blessés qui ont fui la Syrie. Ces blessés sont soignés souvent sommairement et comptent de nombreux enfants victimes de bombardements, des familles qui ont perdu leurs maisons, des femmes seules avec leurs enfants et des personnes isolées.

L’association est également mobilisée sur des activités d’éducation aux risques des mines et restes explosifs de guerre en Jordanie et étudie toute possibilité d’intervention dans les zones touchées en Syrie.

cp/at


Dans la même catégorie