Au bout de la chaîne… l’Espoir !


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Au bout de la chaîne… l’Espoir !
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

Il y a quinze ans, la Chaîne de l’Espoir naissait en Belgique. Sa mission était ambitieuse: sauver des enfants des quatre coins du monde atteints de malformations cardiaques, orthopédiques, urologiques ou autres, en les opérant dans leur pays d’origine ou en les faisant venir chez nous si la nécessité s’en faisait sentir.

 

Pour Catherine van den Hove, responsable communication de l’asbl, le bilan de ces quinze années est très positif. "Plus de 700 enfants sont passés entre les doigts expérimentés de nos médecins. Ils sont sélectionnés en fonction de leur pathologie, de leur accès difficile aux soins de santé et du fait qu’avec un seul geste chirurgical, ils seront guéris." Actuellement, six projets sont en cours dans des pays d’Afrique et d’Amérique du Sud. "Ces projets reposent sur une collaboration entre les interlocuteurs locaux, les médecins et les autorités du pays. Et cela pour une durée de trois à cinq ans minimum. L’objectif étant que l’accès à la santé soit une réalité pour tous."

Créer une dynamique

Thierry Sluysmans est cardiologue pédiatrique aux Cliniques Saint-Luc de Woluwe. Le 29 septembre, il est parti avec son équipe à Kigali, la capitale rwandaise. "Le premier avantage de notre intervention sur place est qu’en une semaine, nous avons soigné 26 enfants. Le second est que cela coûte nettement moins cher que de les faire venir en Belgique. Et le troisième est que cela nous permet d'identifier les jeunes médecins à former." Un personnel formé parfois dans notre pays et qui prendra la relève de l’équipe belge, une fois celle-ci repartie. Et même si, pour y exercer une médecine de pointe, les difficultés rencontrées sont nombreuses comme des coupures de courant, une hygiène minimum ou encore des infrastructures réduites, le professeur Sluysmans reste optimiste: "Notre présence crée une véritable dynamique sur place. La première fois que j’ai visité cet hôpital de Kigali, en 2004, il s’agissait d’une structure vide. Maintenant, c’est un hôpital qui vit et qui a développé de la chirurgie digestive, orthopédique. Quatre équipes étrangères s’y succèdent; ce qui signifie que pendant quatre à cinq semaines par an, on y fait de la chirurgie cardiaque à cœur ouvert!"

Des maillons essentiels

Mais qui dit "Chaîne de l’Espoir" dit également "Chaîne de bénévoles"! À côté des médecins et des infirmières, ils sont nombreux à s’engager afin de récolter les fonds nécessaires aux différentes missions. Les écoles et les sociétés n’hésitant plus à prendre "La Chaîne de l’Espoir" comme projet sociétal pour toute une année.
Marianne Dandois est un maillon de cette chaîne. Maman de cinq enfants, secrétaire médicale de formation, elle assure une permanence dans les locaux de l’ASBL. Elle a également ouvert les portes et le cœur de sa famille à des enfants qui ne peuvent être opérés dans leur pays d’origine. C’est ainsi qu’est arrivé Destin. Du haut de ses quatre ans, il portait fièrement un prénom qui lui allait comme un gant. "En plus, il comprenait bien le français, ce qui a facilité les premiers contacts. Il a tout de suite été en confiance." Et, s’il est vrai que l’adaptation semble poser peu de problèmes, cette maman d'accueil admet que le départ est un moment plus sensible. "La veille du départ, mes enfants pleurent, surtout les filles. Ils savent pourtant qu’il retourne chez son papa et sa maman et que ceux-ci l’attendent avec impatience… Pendant leur séjour, je m’y attache aussi comme si c’était l’un des miens. Je sais qu’il repartira, mais j’avoue que lorsque ce jour-là arrive, cela fait un vide énorme. Heureusement, la vie reprend son cours."
Depuis 1997, 180 enfants ont ainsi bénéficié d'une hospitalisation en Belgique. Pour les bénévoles et les médecins, la mission s’arrête au moment du départ, mais pendant deux années, "La Chaîne de l’Espoir" restera en contact avec l’enfant et sa famille. "Le fait de voir ces gamins qui vont bien, ainsi que leur famille, le fait de me sentir utile", conclut Thierry Sluysmans, "tout cela me fait dire que même si les choses ne bougent pas assez vite, cela vaut la peine de se lancer dans ce genre d'aventure."

Corinne OWEN

Infos: Chaîne de l'Espoir – Belgique – Espace Roseau, Place Carnoy, 12, 1200 Bruxelles. Tél.: 02.764.20.60 – 0478.60.50.98. Courriel: info@chaine-espoir.be. Web: www.chaine-espoir.be.

Catégorie : L'actu

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