”L’adoration des mages” passée au scanner


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”L’adoration des mages” passée au scanner
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

La belle histoire continue à la cathédrale Saint-Aubain pour ''L'adoration des mages'', une toile classée, signée du peintre Mauritius Loder. Au printemps prochain, l’œuvre sera restaurée sur place, dans la cathédrale Saint-Aubain. Durant plusieurs semaines, Katarzyna Gorecka travaillera dans le transept là où se trouve la chapelle de la Vierge. Mais avant cette ultime étape des analyses scientifiques étaient nécessaires. La toile a ainsi été longuement passée au scanner.

Restaurer une toile, ne s'improvise pas. D'ici quelques mois, Katarzyna Gorecka, une jeune femme polonaise, sera au travail sur une toile de grande dimension, ''L'adoration des mages'', un tableau signé Mauritius Loder. Cet artiste né à Mayence en 1728 a séjourné durant de longues années dans la région. Il a vécu au château de Franc-Waret où il est mort en 1793. Séduite par la dynamique de ce tableau, Katarzyna Gorecka n’hésite d’ailleurs pas à parler de chef d’œuvre. Une restauration qu’elle mènera dans le cadre de son doctorat. Un travail minutieux qui prendra plusieurs semaines et qu'elle concrétisera avec toute une équipe dans un des transepts de la cathédrale.

Le tableau est très sale, les peintures ont perdu de leur éclat mais ce n’est pas ce qui inquiète le plus cette spécialiste des toiles grands formats. Lors de sa première visite, elle a d'ailleurs effectué, sur la toile, des prélèvements de peinture. Analysés, ils vont lui permettre lors de la restauration d’utiliser les pigments les plus proches de ceux employés par l’artiste.

Un châssis incurvé

La toile ''L’adoration des mages'' a été fixée sur un châssis incurvé qui épouse les formes du chœur de la cathédrale. La décoration murale étant ainsi intimement liée à l’architecture du bâtiment. Une particularité qui intéresse l’équipe de scientifiques. Intérêt mais aussi véritable défi technique à relever. Et c’est ainsi que dernièrement, l'échafaudage a fait sa réapparition dans la cathédrale. Une semaine consacrée non plus à des prélèvements mais au scan de la toile et du support. Ces toiles incurvées typiques de l’époque baroque et d'un tel format constituent une rareté.

La toile qui se trouve sur la gauche du maître-autel, à la cathédrale, gondole. Deux conséquences liées à sa taille 4,5 m de long sur 3,70m de hauteur et à son poids. Lorsque les scientifiques ont passé toile et encadrement au scanner, une opération en 3D qui a laissé aussi apparaître des fissures, des déformations. Tout un travail va être réalisé à Cracovie au niveau du châssis. Physiciens et techniciens vont unir leurs connaissances pour le réaliser à partir de bois et de métal. Des experts qui imaginent encore tout un système permettant de décrocher le tableau sans poser d’échafaudage.

Christine Bolinne

Des travaux pris en charge par l'Institut national des sciences de Cracovie. Katarzyna Gorecka (coordinateur, Academie des Baux - Arts de Varsovie) peut ainsi bénéficier de l'aide du Prof. Joanna Szpor (surveillance scientifique, Academie des Baux - Arts de Varsovie), de PhD Marek Skłodowski (Académie Polonaise des Sciences, Varsovie), de PhD Piotr Pawłowski (Académie Polonaise des Sciences, Varsovie), de MA Henryk Arendarski (constructeur, Academie des Baux - Arts de Cracovie) et Grzegorz Osowicki (les travaux techniques, Rekons, Toruń).

 


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