Après les “blood diamonds”, les “blood ores”


Partager
Après les “blood diamonds”, les “blood ores”
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

De passage à Rome, le président de la Conférence épiscopale nationale de la République Démocratique du Congo, Mgr Nicolas Djomo, s’est scandalisé devant la presse, le 15 octobre, de l’état de non-droit qui règne à l’est du Congo, dans la province du Nord-Kivu, rapporte le quotidien français, La Croix.

Au Nord-Kivu, de très nombreuses ressources minières, dont le coltan, minerai indispensable à la fabrication des GSM, sont exploitées sans aucune limite par plus de 2 000 entreprises, la plupart étrangères, en dehors de tout cadre administratif ou financier... Actuellement, des bandes armées "se battent pour maintenir l’exploitation illégale des minerais du Kivu", dénonce Mgr Djomo. Ces groupes entretiennent la terreur, notamment par des viols collectifs, pour le contrôle de ces territoires, avec des armes financées par la vente des minerais.

Un état de guerre civile à cause des minerais ("ores", en anglais)

"Je me suis récemment rendu à Washington", explique Mgr Djomo, "pour demander au gouvernement américain de légiférer : il faut priver ces groupes armés des moyens pour acheter des armes, leur couper les sources de financements, couper cette chaîne infernale qui prend sa source dans la vente aux compagnies internationales".

Trois évêques ont été assassinés depuis quelques années. "Je reçois moi-même des menaces. Tout comme l’évêque de Bukavu", affirme le président de la conférence épiscopale nationale de RDC. "Mais nous ne pouvons pas reculer. C’est dans la logique de l’Évangile. Nous sommes avec le peuple. La misère est immense. Au nom de la doctrine sociale de l’Église, il s’agit pour nous d’une urgence, pour contribuer à une paix durable et à l’instauration d’une véritable démocratie, au respect des droits de l’homme. Restaurer la dignité des gens fait partie de notre foi".

Lacroix/A.L

Catégorie : L'actu

Dans la même catégorie