Syrie: Une assemblée des évêques en plein chaos


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Syrie: Une assemblée des évêques en plein chaos
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Malgré l'absence de sept prélats en raison des conflits et de la violence qui gangrène le pays, les évêques de Syrie ont tenu leur assemblée à Alep. Ils y ont relancé leur appel à la réconciliation. De son côté, Mgr Nazzaro a dénoncé la responsabilité d’agitateurs libyens et turcs dans l’assaut de l’armée syrienne contre l’université de cette ville.

 

Le conflit et la violence en cours en Syrie ont eu un fort impact sur l’Assemblée des évêques catholiques, qui s’est récemment achevée à Alep. Ainsi que cela a été indiqué à l’Agence Fides, sur les 17 évêques catholiques de toutes les confessions et rites, sept n’ont pu rejoindre Alep pour des raisons de sécurité. Manquaient à l’appel les évêques d’Homs, ville martyrisée par le conflit, qui se sont réfugiés dans de petits villages dans les montagnes, et un certain nombre d’évêques du littoral. Malgré le cessez-le-feu, les routes sont en effet infestées de bandes de miliciens et les déplacements demeurent très dangereux.
En conclusion de l’assemblée, les évêques syriens ont relancé leur appel à l’unité nationale. "Nous sommes aux côtés de notre peuple syrien dans la recherche d’une vie digne, de l’unité nationale, de la solidarité entre tous les groupes différents qui constituent les réalités sociales, religieuses et nationales", indique le communiqué transmis à l'agence Fides.
Les évêques réaffirment aussi l’urgence "de mettre en place un processus de réforme large et efficace" , et encouragent tous les citoyens à participer aux élections législatives de ce 7 mai. Ils soutiennent également la mission de l’envoyé des Nations unies, Kofi Annan, en particulier dans son aspect humanitaire en faveur du retrait des armes lourdes des centres habités et demandent "le retour des réfugiés et des évacués à leur domicile et le dédommagement des victimes", mais aussi à ce que soit rétabli l’Etat de droit.
Le message s’adresse enfin aux fidèles chrétiens, les exhortant à la solidarité, à l’assistance mutuelle et à la force spirituelle, nécessaires pour surmonter la crise.

Alep n'est plus épargnée

Si la ville d'Alep où se tenait cette assemblée, était encore la seule à ne pas s'être soulevée contre Assad, malgré quelques manifestations ces derniers mois, elle est désormais sous haute tension depuis les incidents sanglants du mercredi 2 mai. L’assaut des forces syriennes contre les quelque 1.500 manifestants défilant contre le régime de Bachar al-Assad a causé la mort de quatre étudiants. Témoin de cet assaut, le vicaire apostolique latin, Mgr Giuseppe Nazzaro, estime que c'est la présence d’agitateurs libyens et turcs qui ont provoqué la réplique de l’armée syrienne contre l’Université d’Alep qui compte plus de 40.000 étudiants.
Cité par l’agence de presse catholique italienne AsiaNews, le prélat catholique affirme que des militants islamistes étrangers tentent depuis des mois de soulever les universitaires, dans le but de susciter la violence dans cette ville qui est la seule encore épargnée par les affrontements entre le régime et les rebelles. De plus, il déplore la manipulation des médias dans cette affaire, affirmant que nombre de nouvelles dans les médias occidentaux sont fausses ou "fabriquées", ou ne s’appuient que sur des médias impliqués dans la guerre de l’information, comme la télévision "al Jazeera" et d’autres médias financés par le Qatar et l’Arabie Saoudite, des puissances sunnites qui soutiennent les rebelles.

P.G. (avec Apic)

Catégorie : International

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