Déplacé pour avoir dénoncé?


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Déplacé pour avoir dénoncé?
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Nommé nonce apostolique aux Etats-Unis le 19 octobre 2011, Mgr Carlo Maria Vigano, jusqu’alors secrétaire général du Gouvernorat du Vatican, aurait été déplacé pour avoir dénoncé la "corruption" au sein de l’administration, révèle la presse italienne, le 25 janvier 2012. Une décision approuvée par Benoît XVI.

Le 25 janvier 2012, avant la diffusion d’une émission sur la chaîne italienne "La7", les quotidiens "Corriere della Sera" et "Libero" ont publié des extraits de courriers adressés par Mgr Carlo Maria Vigano à Benoît XVI. Le prélat italien y fait part de sa consternation devant la situation "désastreuse" trouvée à son arrivée au Gouvernorat en juillet 2009. Il voit son déplacement à la nonciature à Washington comme une "punition".
"Lorsque j’ai accepté la charge au Gouvernorat le 16 juillet 2009, je n’aurais jamais pensé être confronté à une situation aussi désastreuse", indique le prélat italien le 4 avril 2011. Il pointe du doigt ses prédécesseurs, mais aussi des banquiers italiens constituant un Comité de finance et de gestion, parmi lesquels l’actuel directeur de l’Institut pour les œuvres de religion, Ettore Gotti Tedeschi. Privilégiant leurs intérêts plutôt que ceux du Vatican, ils auraient fait perdre à l’Etat plus de 2 millions de dollars en décembre 2009.

Dans ses missives, Mgr Vigano n’hésite pas à dénoncer aussi la gestion des services techniques, qui présentent "des cas évidents de corruption". Il évoque les travaux toujours adjugés aux mêmes entreprises, à des tarifs deux fois plus élevés que ceux pratiqués hors du Vatican. Toujours selon la presse italienne, les mesures d’assainissement prises par Mgr Vigano auraient permis au Gouvernorat de passer d’un déficit de 8 millions d’euros en 2009 à un excédent de 34,4 millions d’euros l’année suivante.

Avant de partir pour Washington, le 7 juillet 2011, Mgr Vigano a écrit au pape qu’il regrettait devoir quitter sa charge au Gouvernorat. Il compare son départ à "un verdict de condamnation de son travail et donc une punition". Il fait part de sa douleur d’apprendre que Benoît XVI le considère comme "coupable d’avoir créé un climat négatif au Gouvernorat, en rendant les relations entre la Secrétairerie générale et les responsables des services de plus en plus difficiles". Un jugement qui "ne correspond en rien à la réalité", souligne le nouveau nonce aux Etats-Unis.

Depuis le début de son pontificat, Benoît XVI s’est attaché à assainir la gestion de l’Église, dans plusieurs secteurs touchés par des pratiques incorrectes. Ces secteurs aux patrimoines importants et sensibles (Congrégation pour l’évangélisation des peuples, Institut pour les Œuvres de religion, Cité du Vatican) ont été confiés à des prélats, ou des laïcs, réputés de confiance. Dans un climat italien également politiquement sensible à la dénonciation, par le président du Conseil Mario Monti, de telles pratiques, une plus grande transparence, favorisée par les médias, semble ainsi faire son entrée sur la scène. Au Vatican comme en Italie.

apic/imedia/lcx/bl

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