Pékin qualifie de “déraisonnable et grossière” l’excommunication de deux évêques


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Pékin qualifie de “déraisonnable et grossière” l’excommunication de deux évêques
Joseph Huang Bingzhang, un des deux évêques chinois excommunié par le Vatican
Par Manu Van Lier
Publié le - Modifié le
3 min

Joseph Huang Bingzhang, un des deux évêques chinois excommunié par le Vatican

Le gouvernement chinois juge la "soi-disant excommunication" prononcée par le Saint Siège à l’encontre des deux évêques ordonnés à Leshan et Shantou comme "extrêmement déraisonnable et grossière". Dans un communiqué, Pékin demande à Rome de "révoquer les excommunications et revenir sur le chemin du dialogue en faisant preuve de bon sens".

Le gouvernement chinois a publiquement réagi ce 25 juillet aux déclarations romaines qui, après les deux dernières ordinations épiscopales sans mandat pontifical, avaient rappelé que les prêtres ainsi ordonnés étaient frappés d’excommunication.

“Si le Vatican se montre sincère dans son désir d’améliorer les relations (avec la Chine, ndlr), il doit révoquer les excommunications et revenir sur le chemin du dialogue en faisant preuve de bon sens“, a affirmé le porte-parole de l’administration d’Etat pour les Affaires religieuses, ajoutant que le geste du Vatican avait “gravement blessé“ l’Eglise de Chine et “attristé“ fidèles et membres du clergé. “Le gouvernement suit de près cette affaire“, a encore ajouté le responsable gouvernemental.

Depuis les ordinations illicites des 29 juin et 14 juillet derniers et les excommunications qui s’en sont suivies pour les deux évêques concernés, Paul Lei Shiyin à Leshan et Joseph Huang Bingzhang à Shantou, il s’agit de la première réaction officielle du gouvernement chinois.

De hauts responsables de la partie officielle de l’Eglise en Chine avaient par ailleurs annoncé, ces derniers jours, que la Chine n’en resterait pas à ces deux ordinations et préparait d’ores et déjà d’autres ordinations épiscopales. Ce sont ainsi sept nouveaux évêques qui pourraient être prochainement ordonnés.

A n’en pas douter, note l’agence ‘Eglises d’Asie’, le communiqué du 25 juillet traduit, de la part de Pékin, une réaffirmation de la plus stricte orthodoxie en matière de politique religieuse. Après avoir expliqué que les deux nouveaux évêques sont des catholiques pieux et capables et qu’ils jouissent du plein soutien de leurs prêtres et de leurs fidèles, le porte-parole de l’administration d’Etat des Affaires religieuses a rappelé l’épisode de 1958, lorsque furent ordonnés les deux premiers évêques sans mandat pontifical. “L’histoire a montré que l’Eglise de Chine ne se laisse pas intimider par les menaces du Vatican“, a ajouté le porte-parole.

Le 12 juillet, dans un entretien accordé à I.MEDIA, le secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples avait vu dans la multiplication des gestes de provocation de Pékin à l’égard de Rome une “forme subtile de campagne électorale“. “Il manque 18 mois avant de grands changements en Chine“, expliquait alors le Chinois Mgr Savio Hon Tai Fai, et “pour se sauver, chacun cherche à être le plus à gauche possible“. Le prélat chinois estimait que “le gouvernement était revenu en arrière, revenant à la situation des années 1950“.

(apic/imedia/mvl)

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