Il risque la mort pour s’être converti au christianisme


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Il risque la mort pour s’être converti au christianisme
Yousef Nadarkhani
Par Manu Van Lier
Publié le - Modifié le
3 min

Yousef Nadarkhani

La pression internationale s’intensifie sur les tribunaux iraniens pour obtenir l’acquittement d’un pasteur chrétien, condamné à mort en novembre 2010 pour s’être converti. La Cour suprême de Qom, qui a annulé le jugement, a cependant décidé que l’exécution pourrait avoir lieu s’il était prouvé que ce pasteur était musulman au moment de sa conversion et qu’il ne s’est pas repenti de son acte.

Yousef Nadarkhani, 33 ans, membre de l’Eglise d’Iran a été condamné à mort en novembre dernier par un tribunal de l’Etat pour avoir renoncé à sa religion (apostasie). Ce pasteur d’une paroisse de 400 fidèles, dans la ville de Rasht, est également accusé d’avoir évangélisé des musulmans.

"Des rapports nous ont informés que la condamnation de Yousef Nadarkhani sera annulée à condition qu’il abjure sa foi chrétienne. Nous nous réjouirions que sa vie puisse être épargnée, mais ce genre de contrainte montre bien que le gouvernement iranien continue de réprimer la liberté religieuse", a déclaré Suzan Johnson Cook, ambassadrice itinérante des Etats-Unis pour la liberté religieuse internationale, interrogée par ENInews.

La représentante américaine a souligné que son pays avait plusieurs fois appelé le gouvernement iranien à respecter la loi internationale et la dignité humaine, ainsi que la liberté de conscience. Suzan Johnson Cook estime que la condamnation à mort de Yousef Nadarkhani n’est que "l’exemple le plus récent de la manière dont les dirigeants iraniens se disent hypocritement en faveur de la tolérance, tout en violant les droits humains de liberté de religion et d’expression de leurs citoyens".

Abjurer ou mourir

Pour sa part, Tiffany Barrans, directrice juridique du Centre américain pour la loi et la justice internationale, a précisé que si le tribunal de l’Etat de Qom, selon le verdict du 12 juin 2011 de la Cour suprême, jugeait après enquête que l’accusé était musulman entre 15 ans et 19 ans, l’âge de sa conversion, "il faudra soit qu’il abjure sa foi chrétienne, soit que la sentence soit exécutée".

Des documents des Nations Unies révèlent que Youssef Nadarkhani aurait dit, lors de son procès en 2010, qu’il n’appartenait à aucune religion avant ses 19 ans. Il aurait affirmé qu’il aurait été forcé à reconnaître être né de parents musulmans et s’être converti au christianisme.

La peine de mort uniquement pour les cas les plus graves

Pour le directeur de la défense des causes à "Christian Solidarity Worldwide", Andrew Johnston, il est impératif que des gouvernements fassent pression sur l’Iran afin de garantir que le pasteur soit acquitté sans réserve.

En outre, en mai, Christof Heyns, rapporteur spécial de l’ONU sur les exécutions arbitraires et sommaires, a insisté auprès du gouvernement iranien sur le fait que l’exécution du pasteur est incompatible avec la Convention internationale sur les droits civils et politiques, ratifiée par l’Iran en 1975. Cette Convention stipule que, dans les pays qui n’ont pas aboli la peine de mort, celle-ci ne peut être appliquée que pour les crimes les plus graves.

(apic/ENInews)

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